Dialogue national et Constitution : les FPAU préparent leur ligne sur la refondation de l’État
À l’heure où le dialogue national et l’avenir de la Constitution occupent une place croissante dans le débat politique en République démocratique du Congo, les Forces politiques alliées à l’UDPS/Tshisekedi (FPAU) veulent définir leur propre ligne.
Dialogue national et Constitution : les FPAU préparent leur ligne sur la refondation de l’État
AFP
Ce lundi 5 octobre 2026 à Kinshasa, elles ont lancé les travaux d’une Commission ad hoc politique et juridique chargée de préparer une position structurée sur le dialogue national, les questions constitutionnelles et la refondation de l’État.
Les travaux ont été ouverts à l’hôtel Rotana par le coordonnateur général des FPAU, Elysée Bokumwana Maposo, également vice-ministre du Budget. Autour de la table, juristes, politologues, économistes, spécialistes des questions institutionnelles et acteurs politiques sont appelés à confronter leurs analyses afin de formuler des propositions politiques et juridiquement motivées.
Instituée par la décision n°001/FPAU/CG/EBM/2026 du 2 octobre 2026, la Commission a pour mission de mener une réflexion sur l’opportunité, les objectifs, le contenu, le format et les modalités d’un éventuel dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État.
Premier chantier : le dialogue national. Les FPAU veulent aller au-delà d’une simple adhésion de principe. La Commission devra déterminer la pertinence et les finalités d’un éventuel dialogue, définir ses objectifs, les matières susceptibles de figurer à son ordre du jour, sa nature, son format, sa durée ainsi que ses modalités d’organisation.
Une attention particulière sera également accordée à la participation et à la représentativité. La Commission devra notamment déterminer les critères de participation des forces politiques, des institutions, de la société civile, des forces sociales et professionnelles, ainsi que la place à réserver aux personnalités et aux experts.
La réflexion portera aussi sur les mécanismes de facilitation et de médiation, les règles de prise de décision, la nature des éventuelles résolutions ainsi que les dispositifs devant permettre d’assurer leur suivi et leur mise en œuvre.
Les expériences antérieures de dialogue en RDC seront également examinées. Il s’agira d’en évaluer les objectifs, les modalités de participation, les résultats obtenus et les difficultés rencontrées, mais aussi de tirer les enseignements de la mise en œuvre des engagements pris. L’objectif est d’identifier les forces et les faiblesses de ces processus ainsi que les risques à éviter dans l’hypothèse d’un nouveau dialogue.
Le deuxième grand chantier concerne la Constitution et le fonctionnement des institutions de la République. La Commission devra dresser un état des lieux de l’application de la Constitution, examiner les rapports entre les institutions et les mécanismes de contrôle et d’équilibre institutionnel, tout en identifiant les difficultés pratiques constatées.
Elle devra également se pencher sur les dispositions constitutionnelles dont l’application pourrait avoir révélé des difficultés d’interprétation, des ambiguïtés, des contradictions, des lacunes ou des insuffisances institutionnelles.
Sur cette question particulièrement sensible, plusieurs options seront étudiées. Les FPAU évoquent notamment le maintien du cadre constitutionnel actuel, le changement constitutionnel, l’actualisation de certaines dispositions ainsi que d’autres options juridiquement envisageables. Pour chacune d’elles, la Commission devra analyser les conditions et procédures applicables ainsi que leurs conséquences politiques et institutionnelles.
Les travaux pourront également s’appuyer sur des expériences constitutionnelles comparées et des bonnes pratiques institutionnelles susceptibles d’être adaptées au contexte congolais.

La Commission dispose de trois jours pour mener ses travaux. La méthodologie retenue prévoit notamment des exposés introductifs, des échanges en plénière, des séances thématiques, des travaux en groupes restreints, la confrontation des différentes options et la recherche du consensus. Elle pourra également recourir à des personnes-ressources disposant d’une expertise politique, institutionnelle, scientifique ou sociale.
À l’issue de ces travaux, un rapport final sera transmis au coordonnateur général des FPAU. Il devra notamment dégager des propositions sur les objectifs, l’agenda et le format d’un éventuel dialogue national, les critères de participation et de représentativité ainsi que les mécanismes de facilitation, de prise de décision et de suivi.
Sur le volet constitutionnel, le rapport devra présenter un état des lieux de l’application de la Constitution, identifier les principales difficultés constitutionnelles et institutionnelles et analyser les différentes options d’évolution ainsi que leurs conséquences.
Les Forces politiques alliées à l’UDPS/Tshisekedi cherchent à se doter d’une position commune et argumentée avant de se prononcer sur ces grandes questions institutionnelles. Dialogue national, Constitution et refondation de l’État : les conclusions de cette Commission devraient ainsi servir de base à la ligne politique que les FPAU soumettront à leur Coordination générale.
Rédaction