Politique Dialogue national : Muyaya exige la repentance des Congolais accusés de complicité avec l’ennemi
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Dialogue national : Muyaya exige la repentance des Congolais accusés de complicité avec l’ennemi

Dialogue national : Muyaya exige la repentance des Congolais accusés de complicité avec l’ennemi
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 18 AOÛT 2026 - 15:11 WAT · 4 min de lecture

Le dialogue national inclusif annoncé par le président Félix Tshisekedi ne doit pas, selon le gouvernement, servir de cadre à une remise en cause de la souveraineté de la République démocratique du Congo (RDC). Lors d’un briefing de presse tenu lundi à Kinshasa, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a notamment insisté sur la nécessité, pour les Congolais accusés de s’être compromis avec l’ennemi, de passer par une démarche de repentance avant toute participation au processus.

Interrogé sur la participation éventuelle d’acteurs ayant pris les armes contre la République ou soupçonnés de connivence avec le Rwanda, le porte-parole du gouvernement a laissé entendre que leur réintégration dans le processus ne pourrait intervenir sans un préalable.

« Il faut passer par la case repentance », a déclaré Patrick Muyaya, invitant les personnes concernées à rompre avec toute forme de complicité avec ce qu’il présente comme l’agression dont la RDC est victime.

Pour le ministre, le dialogue doit réunir des Congolais disposés à défendre l’intérêt national et non ceux qui chercheraient à y porter « les thèses du Rwanda, l’ennemi ».

La repentance avant le dialogue

Cette exigence constitue l’une des lignes politiques défendues par le gouvernement autour du dialogue national. Patrick Muyaya a notamment évoqué « la voie tracée par le Cardinal », faisant référence à la dénonciation de l’ennemi et à la nécessité, selon lui, pour les Congolais de se ranger du côté de la défense de la souveraineté nationale.

Sans fermer totalement la porte aux personnes accusées de complicité, le ministre estime que celles-ci doivent d’abord rompre avec leurs engagements ou leurs positions considérés comme contraires aux intérêts de la RDC.

Cette position concerne notamment, selon ses déclarations, les Congolais accusés de soutenir ou de favoriser les intérêts du Rwanda et de ses alliés armés dans l’est du pays.

Le message du gouvernement apparaît ainsi comme celui d’une possible réintégration, mais sous conditions : reconnaître les faits reprochés, renoncer à toute forme de complicité et se rallier à la défense des intérêts de la République.

« Le rempart, c’est le Président de la République »

Patrick Muyaya a également présenté le dialogue comme un moyen de construire un « front intérieur » face aux menaces qui pèsent sur le pays. Dans cette logique, il a placé le chef de l’État au centre de cette mobilisation nationale.

« L’objectif est de créer ce front intérieur autour du rempart. Et le rempart contre toute velléité de balkanisation, c’est le Président de la République », a-t-il affirmé.

Pour le porte-parole du gouvernement, le dialogue doit permettre aux Congolais de se retrouver autour des questions susceptibles d’améliorer la gouvernance du pays, sans remettre en cause les fondamentaux de la République.

Aucune concession sur le territoire et les ressources

Au-delà de la question de la participation des différents acteurs, Patrick Muyaya a rappelé les principales lignes rouges du gouvernement. Il a notamment exclu toute concession territoriale dans le cadre du dialogue.

« Il n’y aura aucune forme de concession sur un seul millimètre carré de notre territoire », a-t-il martelé.

La même fermeté a été affichée concernant les ressources naturelles. Le ministre a rejeté toute compromission susceptible, selon lui, de permettre la poursuite du pillage des richesses minières congolaises ou de favoriser les acteurs que Kinshasa accuse d’être impliqués dans les violences dans l’est du pays.

Le dialogue national se dessine ainsi autour d’un principe défendu par le gouvernement : rassembler, mais pas à n’importe quel prix.

Pour Patrick Muyaya, les Congolais qui souhaitent prendre part à cette concertation doivent se positionner clairement du côté de la République. Pour ceux accusés d’avoir franchi cette ligne, la porte pourrait donc rester entrouverte, mais à la condition de passer par « la case repentance » et de rompre avec toute forme de complicité avec l’ennemi.

Christian T. ÉZÉCHIEL

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