BTP & Infrastructures Kindu : la REGIDESO dessert 10 % de la ville, pour des besoins évalués à 9 700 mètres cubes par jour

Kindu : la REGIDESO dessert 10 % de la ville, pour des besoins évalués à 9 700 mètres cubes par jour

Les files d’attente devant les rares bornes-fontaines encore fonctionnelles de Kindu ont été constatées le 18 août. Le réseau de la REGIDESO couvre un habitant sur dix du chef-lieu du Maniema, dont les besoins étaient évalués en 2018 à 9 700 mètres cubes par jour.

Kindu : la REGIDESO dessert 10 % de la ville, pour des besoins évalués à 9 700 mètres cubes par jour
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 20 AOÛT 2026 - 03:07 WAT · 5 min de lecture

Mardi 18 août, de longues files se sont formées devant les rares bornes-fontaines encore fonctionnelles de Kindu, selon le constat du reporter de Radio Okapi, restitué le 19 août. La desserte s’est dégradée depuis quelques jours dans plusieurs quartiers du chef-lieu du Maniema, où des habitants affirment passer plusieurs heures, voire toute une matinée, avant de remplir un seul récipient. La baisse du niveau des sources d’approvisionnement, aggravée par la saison sèche, est avancée comme cause.

L’écart est structurel. Le plan d’action de réinstallation établi en 2018 pour la REGIDESO, dans le cadre du financement additionnel au Projet d’alimentation en eau potable en milieu urbain (PEMU), évaluait alors les besoins de Kindu à environ 9 700 mètres cubes par jour et sa production entre 4 000 mètres cubes pour vingt heures de fonctionnement et 1 200 pour six heures, soit un déficit de 5 700 à 8 500 mètres cubes par jour. Aucun état de production plus récent n’est publié pour ce centre.

Un habitant sur dix raccordé, 5 à 8 kilomètres pour les autres

Le taux de desserte de la ville par le réseau est de 10 %. La direction provinciale de la REGIDESO l’a chiffré en février 2025 à environ 44 000 personnes desservies pour 440 000 habitants, et le même taux était encore avancé en mars 2026. « Les capacités installées sont faibles et la solution, c’est d’augmenter la capacité de fonctionnement, de construire une usine étant donné que les études existent », a déclaré Michel Tshijik, directeur provincial de la REGIDESO au Maniema, à Radio Okapi. Le responsable chiffrait alors à 8 millions de dollars le plan permettant de porter la desserte à 72 %, et appelait à « remplacer les canalisations, construire les réservoirs et également poser des nouveaux branchements ».

Pour les neuf habitants sur dix qui restent hors réseau, la distance fait le prix. « Pour trouver de l’eau à boire, il faut aller à 5 ou 8 kilomètres. Par manque de moyens de transport, on utilise de l’eau de puits », a indiqué Honorine Omari, habitante du quartier Mission, à Radio Okapi le 26 mars 2026. Puits non aménagés et sources non contrôlées sont la solution de repli décrite dans les trois communes.

481 111 habitants recensés fin 2016, une usine dimensionnée pour 5 000 mètres cubes

L’étude d’impact environnemental et social produite en avril 2018 pour les infrastructures hydrauliques de Kindu recense 481 111 nationaux et 43 étrangers au 31 décembre 2016, répartis entre Mikelenge (189 203), Kasuku (183 760) et Alunguli (108 148). Les projections d’OCHA donnent, pour 2024, 356 711 personnes dans les zones de santé de Kindu et d’Alunguli. L’étude recensait aussi 25 centres de santé et deux hôpitaux.

Le volet Kindu du financement additionnel au PEMU prévoyait un captage sur le fleuve Congo, une unité compacte de traitement de 5 000 mètres cubes par jour, un château d’eau de 1 000 mètres cubes, cinq kilomètres de conduite primaire DN 350, 50 bornes-fontaines et 1 000 branchements particuliers. Le PEMU, doté de 190 millions de dollars et approuvé le 18 décembre 2008, a été clos le 30 juin 2021. Son financement additionnel s’élevait à 166 millions de dollars.

119 bornes-fontaines pour 6,5 millions d’euros, remises en juin 2022

Le second guichet est belge. Le projet d’extension et de consolidation des systèmes d’approvisionnement en eau potable du Maniema, exécuté par Enabel sous le code RDC1418811, a été doté de 6,5 millions d’euros du 16 décembre 2016 au 15 décembre 2022. Environ 119 bornes-fontaines ont été remises aux autorités provinciales le 16 juin 2022 pour Kindu et le territoire de Kailo, au bénéfice d’environ 140 000 personnes. « Nous espérons une viabilité à long terme, non seulement pour tous les ouvrages hydrauliques construis mais également à la bonne gouvernance dans la gestion », a déclaré Antoine Messu, chef du projet. Le gouverneur Afani Idrissa Mangala avait alors demandé à la population d’utiliser ces infrastructures « en bon père de famille ».

21 centres à l’arrêt sur 99, un tarif inférieur de 21 % au coût de revient en 2022

Le centre de Kindu s’inscrit dans un ensemble en tension. Le rapport d’évaluation 2023 publié par la REGIDESO recense 99 centres d’exploitation, dont 78 en service et 21 à l’arrêt pour vétusté ou pannes. L’outil de production comptait en août 2022 34 usines, 80 forages et 53 sources. Le rendement du réseau s’établissait à 56,6 % en 2022, et le tarif moyen de vente à 1 712,96 francs congolais le mètre cube, pour un coût de revient de 2 172,09 francs. Le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité Teddy Lwamba chiffrait la desserte nationale à 34 % en juillet 2024.

Dans la province, l’analyse multidimensionnelle des privations de l’enfant publiée par l’UNICEF pour le Maniema situait à plus de 80 % la part des enfants de tous les âges privés d’accès à l’eau, et à 87,4 % celle des 5-14 ans. Le plan de 8 millions de dollars annoncé par la direction provinciale attend son financement depuis février 2025. Les bornes-fontaines belges ont été remises il y a quatre ans et deux mois.

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B
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