Société Kinshasa : 24 équipes déployées pour contrôler écoles, églises, marchés et stades
Société

Kinshasa : 24 équipes déployées pour contrôler écoles, églises, marchés et stades

Jacquemain Shabani a ordonné jeudi le déploiement d’une équipe de contrôle par commune, sous supervision de la protection civile. C’est la première fois que les écoles entrent dans le champ.

Kinshasa : 24 équipes déployées pour contrôler écoles, églises, marchés et stades
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 10 SEPTEMBRE 2026 - 18:35 WAT · 5 min de lecture

Le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a présidé jeudi 10 septembre à Kinshasa une séance de travail avec le gouvernement provincial, les bourgmestres des vingt-quatre communes de la capitale et la Direction générale de la protection civile.

À l’issue de cette rencontre, il a ordonné le déploiement de vingt-quatre équipes, une par commune, placées sous la supervision de la protection civile. Leur mission : contrôler la conformité et les conditions de sécurité des établissements et lieux de rassemblement accueillant du public, rapporte la cellule de communication du ministère de l’intérieur.

La liste des lieux concernés est plus large que tout ce qui avait été annoncé jusqu’ici. Elle vise « notamment les salles de fêtes, les églises, les écoles, les restaurants et bars, les marchés ainsi que les stades ».

« Nos inadvertances peuvent faire de nous des victimes », a déclaré le vice-Premier ministre, en appelant les autorités compétentes à agir avec davantage de vigilance.

Six jours, trois décisions, un élargissement

La mesure est la troisième en six jours, et c’est la plus large.

Tout part de l’incendie de la salle Panacée, à Lingwala, dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 septembre, pendant un mariage. Le bourgmestre de la commune, Norbert Mutshiga Zihindula, avait annoncé un bilan provisoire de 22 morts, quand le gouvernorat de Kinshasa évoquait une dizaine de décès. Plusieurs personnes avaient été piétinées pendant l’évacuation.

Le 6 septembre, Jacquemain Shabani ordonnait un contrôle systématique des salles de fêtes. Le 9 septembre, le gouvernement provincial mettait en place une commission mixte pour renforcer le contrôle des établissements accueillant du public, et le vice-gouverneur Eddy Iyeli Molangi convoquait les exploitants de salles de fêtes et d’espaces événementiels à l’hôtel de ville, du 10 au 15 septembre, sous peine de fermeture.

Ces deux premières mesures ne visaient que les lieux de fête et de spectacle. Celle de jeudi y ajoute les écoles, les églises, les marchés et les stades.

Ce qui a changé entre-temps

Deux faits se sont intercalés.

Le 7 septembre, le Petit Collège Saint-Pierre de Kinshasa a brûlé à la suite d’un court-circuit survenu au retour du courant, en début d’après-midi. Bureaux administratifs, salles de classe, archives et matériel informatique ont été détruits, sans faire de victime. Le maire de la ville, Bienvenu Mbalibi, avait alors déploré que « les services d’incendie sont arrivés plus d’une heure après le début du sinistre ».

Et jeudi matin, à Bukavu, un incendie a frappé le quartier de Funu et touché les écoles primaires Furaha et Ujamaa. Radio Okapi a fait état d’un bilan provisoire de quinze élèves morts, piétinés dans la bousculade, et de plusieurs blessés graves. Le ministère de l’Éducation nationale a confirmé dans la journée que le sinistre avait « fait plusieurs victimes, dont des élèves », sans avancer de chiffre.

Jusqu’à jeudi, aucun texte n’avait étendu le contrôle de conformité aux établissements scolaires. C’est désormais fait.

Sur quelles normes ces équipes vont-elles contrôler ?

C’est la question que pose l’ampleur du dispositif, et elle n’a pas la même réponse selon les lieux visés.

Pour les salles de fêtes, une norme existe. Une ordonnance de 1944, jamais abrogée, impose un centimètre de largeur de porte par personne accueillie, des portes ouvrant vers l’extérieur et une visite mensuelle de sécurité. Elle a quatre-vingt-deux ans.

Pour les écoles, en revanche, il n’y a rien de comparable. La loi-cadre n° 14/004 du 11 février 2014 de l’enseignement national fixe une seule norme physique chiffrée pour l’agrément d’un établissement, à son article 50 : une superficie d’au moins cinq mètres carrés par élève. L’article 66 prévoit une enquête de viabilité portant sur « les conditions d’hygiène et de salubrité des locaux », et les articles 145 à 149 soumettent les établissements à un contrôle « pédagogique, administratif, financier et sanitaire ». Le texte ne mentionne ni les issues de secours, ni les extincteurs, ni les exercices d’évacuation, ni un effectif maximal par salle.

Pour le gardiennage, enfin, le droit congolais repose sur un arrêté de 2014 modifiant un texte de 1970, sans loi, et aucun texte n’impose la présence d’un gestionnaire de foule formé.

Les équipes déployées disposent donc d’un référentiel précis pour les salles de fêtes, et d’un référentiel très général pour les écoles, les marchés et les églises.

Le ministère présente l’initiative comme une démarche « de prévention et de protection des populations », dont la priorité est « d’anticiper les risques et d’éviter que des défaillances dans les infrastructures ou l’organisation de ces espaces ne puissent occasionner des pertes en vies humaines ».

À lire aussi

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…