Politique Doha : Un accord de principe entre la RDC et le M23 attendu ce samedi sous l’égide du Qatar
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Doha : Un accord de principe entre la RDC et le M23 attendu ce samedi sous l’égide du Qatar

Délégation congolaise et Rwandaise en réunion sous la supervision de l’émir du Qatar et l’envoyé spécial des États-Unis.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 18 JUILLET 2025 - 20:36 WAT · 3 min de lecture

Cette avancée intervient dans la continuité de l’accord signé le 27 juin dernier à Washington entre Kinshasa et Kigali, accord dans lequel la question du M23 avait été volontairement écartée. Depuis, le Qatar a repris le flambeau, espérant faciliter un compromis direct entre Kinshasa et le mouvement rebelle.

Le processus actuellement en cours s’inscrit dans une stratégie en deux temps : une déclaration de principe, posant les bases d’un engagement mutuel, puis un accord formel, inspiré de la feuille de route américaine du 25 avril dernier. Ce jour-là, les chefs de la diplomatie congolaise et rwandaise avaient déjà pris un engagement similaire à Washington.

Mais les discussions à Doha sont loin d’être simples. Malgré la rédaction en cours d’un texte consensuel, des désaccords majeurs subsistent, notamment sur le retrait du M23 des zones occupées. Kinshasa insiste sur un retour sans conditions de l’autorité de l’État dans toutes les localités conquises, tandis que le M23 pose des conditions préalables, comme la libération de prisonniers politiques, des garanties sécuritaires et la reconnaissance de revendications anciennes.

Sur le terrain, la situation reste volatile. Kinshasa accuse le M23, soutenu par Kigali, de renforcer ses positions militaires dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, notamment autour d’Uvira. Le M23, lui, dénonce une intensification des offensives des FARDC et des milices wazalendo, craignant une stratégie de reconquête.

Ce climat de méfiance réciproque, malgré les avancées diplomatiques, fait planer une menace sur les pourparlers de Doha. Mais la pression internationale, notamment américaine, continue de s’intensifier pour éviter un échec.

Washington et Doha, en tandem pour un accord

La présence remarquée de Massad Boulos, conseiller Afrique de Donald Trump, à Doha le 17 juillet, témoigne de l’intérêt géopolitique de ce dossier. Il aurait pour mission, selon une source diplomatique américaine, de coordonner les efforts entre les parties prenantes : Washington, Doha, Kinshasa et Kigali.

Pour les observateurs, cette implication américaine vise à encadrer et accélérer un règlement politique, alors qu’une rencontre au sommet entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame, initialement prévue fin juillet à Washington, reste suspendue à l’issue des négociations en cours.

Même si la déclaration de principe n’a pas encore été signée, elle constituerait la première avancée tangible depuis des mois dans ce conflit. Toutefois, la prudence reste de mise tant que les armes n’ont pas été définitivement déposées et que les divergences de fond n’ont pas été surmontées.

C. Ézéchiel Timothée

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