En continu Sanctions contre le Rwanda : un député dénonce la politique « deux poids, deux mesures » de Paris

Sanctions contre le Rwanda : un député dénonce la politique « deux poids, deux mesures » de Paris

Le débat sur les stratégies de résolution du conflit persistant dans l’Est de la RDC est relancé suite à l’intervention, mardi 12 mai dernier, du Président français, Emmanuel Macron. En marge du sommet Future Africa à Nairobi, le président français s’est prononcé, lors d’une interview à France 24 et RFI, contre l’adoption de sanctions collectives

Sanctions contre le Rwanda : un député dénonce la politique « deux poids, deux mesures » de Paris
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 14 MAI 2026 - 15:29 WAT · 3 min de lecture

Le débat sur les stratégies de résolution du conflit persistant dans l’Est de la RDC est relancé suite à l’intervention, mardi 12 mai dernier, du Président français, Emmanuel Macron. En marge du sommet Future Africa à Nairobi, le président français s’est prononcé, lors d’une interview à France 24 et RFI, contre l’adoption de sanctions collectives contre Kigali, privilégiant la voie du dialogue direct entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame.

Pour Emmanuel Macron, une politique d’isolement du Rwanda serait « contre-productive ». Il plaide pour une approche multidimensionnelle incluant la reprise des discussions politiques avec le M23 (qu’il qualifie d’« AFD M23 » dans ses propos rapportés), le retrait des forces étrangères et le repositionnement de l’Union Africaine au centre du processus. S’agissant des pressions extérieures, notamment les sanctions américaines, le président français estime qu’elles risqueraient de rendre le Rwanda « moins coopératif ».

« deux poids, deux mesures »

En réaction, le député national PhD Patrick Matata Makalamba dénonce la politique deux poids deux mesures de Paris. D’emblée, ce cadre de l’UDPS rappelle la bonne foi du président Félix Tshisekedi qui, dès son arrivée au pouvoir, a tenté de bâtir des ponts avec le Rwanda via divers mécanismes de coopération.

« Hélas, la déception des Congolais et de leurs dirigeants est grande », a déploré le député mercredi sur DEC de Radio Okapi, accusant le Rwanda de mener une « guerre de prédation » et de chercher à implanter des populations non congolaises.

Patrick Matata a vivement critiqué le refus d’Emmanuel Macron de soutenir la voie des sanctions. Il a établi un parallèle avec la situation en Ukraine. « Lorsque la Russie a agressé l’Ukraine, quelle a été la position de toute l’Europe ? N’est-ce pas des sanctions culturelles, économiques et diplomatiques contre la Russie ? Mais lorsqu’il s’agit de la RDC, c’est deux poids, deux mesures ». Pour Matata, cette attitude s’apparente à une « hypocrisie » qui relègue la France et d’autres pays européens à la « périphérie des questions africaines ».

Contrairement à l’analyse du président français, le député Matata soutient que les sanctions ne sont pas antinomiques avec le dialogue, mais qu’elles le renforcent. Il en veut pour preuve les avancées observées sur le terrain, notamment le gel des lignes de front et certains retraits de troupes rwandaises et de rebelles du M23, qu’il attribue au processus de Washington et aux pressions internationales qui en découlent.

« Si on est arrivé à des avancées, c’est grâce aux sanctions », a-t-il affirmé, contredisant l’idée que ces pressions rendraient le Rwanda moins coopératif. Pour lui, « grâce à ces pressions, le Rwanda est en train de reculer ».

Patrick Matata qualifie les accords de Washington de « pilier » parmi d’autres. Il a insisté sur la nécessité pour la RDC de poursuivre sur sa lancée actuelle, qui combine une diplomatie active, saluant le leadership de Félix Tshisekedi en la matière, et le renforcement des capacités de l’armée nationale via la loi de programmation militaire.

Serge SINDANI


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