Santé Ebola au camp de Rho : cinquante mille déplacés, et une propagation contenue
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Ebola au camp de Rho : cinquante mille déplacés, et une propagation contenue

Près de Drodro, en Ituri, des responsables communautaires travaillent avec MSF. L'un d'eux a perdu son fils, puis a survécu à la maladie.

Des équipes de la riposte contre Ebola en équipement de protection lors d'un enterrement sécurisé à Djugu, en Ituri

Ebola au camp de Rho : cinquante mille déplacés, et une propagation contenue
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 24 AOÛT 2026 - 16:05 WAT · 3 min de lecture

Près de cinquante mille personnes vivent dans le camp de déplacés de Rho, près de Drodro, en Ituri. C’est exactement la configuration qu’une épidémie d’Ebola recherche : une densité forte, des abris collés, des points d’eau partagés, des familles déjà éprouvées par la guerre. C’est aussi, selon Médecins sans frontières, l’un des endroits où la propagation est contenue.

La différence tient à qui parle. Dans ce camp, des responsables communautaires travaillent avec MSF pour convaincre les personnes qui présentent des symptômes de se faire dépister, de s’isoler et de se faire soigner vite, et pour diffuser les gestes de prévention. Cette collaboration, écrit l’organisation, permet de limiter la propagation du virus et de réduire la mortalité.

« Nous n’avons pas attendu »

« Nous connaissons nos communautés et savons comment atteindre nos concitoyens », déclare Ezrome Kiza Lumani, responsable communautaire vivant dans le camp. « Lorsque le virus Ebola est apparu, nous n’avons pas attendu. Nous avons discuté avec les familles, écouté leurs craintes et encouragé les personnes présentant des symptômes à se faire soigner. Nous avons un rôle crucial à jouer pour enrayer cette épidémie. »

Le verbe qui compte dans cette phrase est « écouté ». Une campagne de sensibilisation descend d’une capitale vers un camp. Un voisin, lui, connaît le nom des morts, sait quelle famille refuse l’ambulance et pourquoi, et peut répondre à une peur précise plutôt qu’à une peur générale.

Un père qui a perdu son fils, et qui a survécu

Emery Guba Mateso vit lui aussi à Rho. Il a perdu son fils, emporté par Ebola, puis a contracté la maladie et y a survécu. Il porte aujourd’hui un message dans le camp.

« En tant que personne ayant survécu à la maladie d’Ebola, le message que je souhaite transmettre à ma communauté est le suivant : dès l’apparition des premiers symptômes, il est important de chercher rapidement des soins médicaux, car un accès précoce à un traitement adapté augmente les chances de guérison », dit-il.

Cette phrase, dans la bouche d’un survivant qui a enterré son enfant, ne pèse pas le même poids que dans un spot radio. Elle est la démonstration vivante que la maladie n’est pas une condamnation automatique, à condition d’arriver tôt. C’est précisément l’inverse de ce que produit la statistique nationale, où plus de 60 % des décès surviennent hors des centres de traitement.

L’Ituri reste la province la plus touchée, avec 28 de ses 36 zones de santé atteintes selon le bulletin arrêté au 18 août, et l’épidémie y a aussi désorganisé le reste du système : les décès de femmes en couches y ont doublé.

Deux éléments manquent pour transformer ce cas en modèle. Aucun chiffre n’a été publié sur le nombre de cas détectés et de décès évités à Rho depuis le début de l’épidémie, et rien n’indique combien de responsables communautaires ont été formés selon cette méthode dans les cinquante-six zones de santé touchées.

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B
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