Ebola : dans le Haut-Uélé, la mobilité minière et le déni accélèrent la propagation
Le gouverneur Jean Bakomito Gambu attribue l'extension de l'épidémie dans sa province à la forte circulation autour des foyers miniers et au refus d'une partie de la population de reconnaître la maladie.
Ebola : dans le Haut-Uélé, la mobilité minière et le déni accélèrent la propagation
AFP
Invité lundi 13 juillet de l’émission Dialogue entre Congolais sur Radio Okapi, le gouverneur du Haut-Uélé, Jean Bakomito Gambu, a détaillé les facteurs qui font gagner du terrain à la maladie à virus Ebola dans sa province. Alors que l’épidémie touche désormais trente-sept zones de santé à travers le pays, selon le décompte présenté à l’antenne, le chef de l’exécutif provincial a mis en cause deux moteurs : l’intense circulation des personnes et des biens, et le rejet des mesures sanitaires.
Le premier vecteur tient à la géographie économique de la province. Les zones de forte activité commerciale et minière, notamment autour de Nyanza et dans le territoire de Wamba, entretiennent une « forte circulation » qui rend difficile le confinement des chaînes de transmission. Contrairement à un centre urbain comme Isiro, où la sensibilisation est plus aisée, les sites miniers, parsemés de foyers et d’activités artisanales, compliquent le travail des équipes de riposte.
Le déni, obstacle à la prévention
Le second frein est social. Une partie de la population refuse d’admettre l’existence du virus, qu’elle qualifie de « montage » ou de mise en scène, ce qui sape les efforts de prévention. Ce déni se traduit par un rejet des protocoles médicaux : refus de se faire tester, refus de la prise de température, réticence devant les dispositifs de lavage des mains. Cette « résistance », a insisté le gouverneur, constitue un défi majeur pour les autorités sanitaires et rend la communication sur les risques d’autant plus périlleuse dans une province où les structures de santé cohabitent avec une économie largement informelle.
Le Haut-Uélé est l’une des cinq provinces désormais atteintes, aux côtés de l’Ituri, épicentre de l’épidémie, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de la Tshopo. À l’échelle nationale, le dernier bilan officiel fait état de 2 011 cas confirmés et de 754 décès, arrêté au 13 juillet. La veille de l’intervention du gouverneur, le président Félix Tshisekedi avait présidé la quatrième réunion de la Task Force nationale et désigné le docteur Steve Ahuka manager de terrain de la riposte.
L’épidémie est due à la souche Bundibugyo, contre laquelle il n’existe à ce jour ni vaccin homologué ni traitement spécifique. Deux traitements expérimentaux sont évalués depuis le début du mois de juillet à Bunia. Dans le Haut-Uélé, la riposte reste suspendue à la capacité des équipes à convaincre, zone minière après zone minière, des populations qui doutent encore de la réalité du danger.
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