Ebola en RDC : Félix Tshisekedi nomme un manager de terrain, le bilan dépasse 1 900 cas et 700 morts
Le président a présidé la quatrième réunion de la Task Force nationale et désigné le docteur Steve Ahuka pour piloter la riposte, alors que la dix-septième épidémie persiste en Ituri et gagne cinq provinces.
Ebola en RDC : Félix Tshisekedi nomme un manager de terrain, le bilan dépasse 1 900 cas et 700 morts
AFP
Le président Félix Tshisekedi a présidé, lundi 13 juillet à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, la quatrième réunion de la Task Force nationale de riposte contre la maladie à virus Ebola, à la suite de la persistance de l’épidémie en Ituri et de sa tendance à l’extension vers d’autres provinces. À cette occasion, le chef de l’État a désigné le docteur Steve Ahuka comme manager de terrain de la riposte. Selon la présidence de la République, citée mardi par Radio Okapi, les dernières statistiques font état d’environ 1 900 cas de contamination et de 700 décès. Le dernier bilan officiel consolidé, arrêté au 11 juillet dans le rapport de situation de l’Institut national de santé publique (INSP), faisait état de 1 926 cas confirmés et de 702 décès, soit un taux de létalité global proche de 36 %.
Le ministre de la Santé, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale, Roger Kamba, a fait valoir les premiers effets de la sensibilisation communautaire. De retour de Kisangani, il a insisté sur le nombre de patients rétablis. « Si l’on évalue la situation dans son ensemble, nous pensons que cette maladie peut être vaincue. Il y a déjà beaucoup de personnes guéries. Ce n’est pas une question de pourcentage, mais de nombre : plus de 300 personnes sont déjà guéries de cette maladie », a déclaré le ministre, cité par Radio Okapi, en appelant la population à consulter dès les premiers symptômes.
La géographie de l’épidémie continue de s’élargir. Déclarée le 15 mai à partir du territoire de Djugu et due à la souche Bundibugyo, elle touche désormais cinq provinces. L’Ituri reste l’épicentre, avec 26 de ses 36 zones de santé atteintes. La Tshopo enregistre des cas importés de l’Ituri à Kisangani, tandis que le Haut-Uélé a confirmé, sur la foi des résultats de laboratoire de l’Institut national de recherche biomédicale rendus publics le 9 juillet, sept décès liés à Ebola dans la zone de santé de Wamba. Le Nord-Kivu et le Sud-Kivu figurent également parmi les provinces concernées.
Invité à la réunion, le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis en RDC, Lan J. McCary, a réaffirmé le soutien de Washington, premier partenaire de la riposte. « Nous avons consacré plus de 600 millions de dollars pour soutenir la riposte ; nous continuons dans la même voie », a-t-il assuré. Ce soutien intervient alors que les autorités américaines ont mis en garde leurs ressortissants contre la circulation du virus dans l’est du pays.
La riposte demeure fragilisée. L’insécurité, entretenue par des groupes armés comme la CODECO et les ADF, limite l’accès des équipes, et un centre de traitement a été attaqué et incendié début juillet en Ituri. Le plan conjoint du gouvernement et de l’OMS, évalué à 510 millions de dollars, n’était financé qu’à hauteur de 35 % à la mi-juin, sur fond de grève de prestataires réclamant le paiement de leurs primes.
Contre la souche Bundibugyo, il n’existe à ce jour ni vaccin homologué ni traitement spécifique, le vaccin Ervebo ne protégeant que contre la souche Zaïre. Un essai clinique, baptisé PARTNERS, évalue depuis début juillet deux traitements expérimentaux, l’anticorps monoclonal MBP134 et l’antiviral remdesivir. Les autorités, qui rappellent que la létalité historique de cette souche se situe entre 30 et 50 %, invitent la population à signaler tout cas suspect au numéro vert 151.
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