Éducation & Formation Éducation en temps de crise : à Genève, Raïssa Malu appelle à agir contre les causes des conflits

Éducation en temps de crise : à Genève, Raïssa Malu appelle à agir contre les causes des conflits

Raïssa Malu a appelé, jeudi 5 novembre à Genève, à accompagner le financement de l’éducation d’urgence d’actions pour mettre fin aux conflits. À la conférence de reconstitution des ressources d’Education Cannot Wait (ECW), la ministre d’État a présenté les priorités congolaises pour préserver la scolarité des enfants affectés par les crises.

Éducation en temps de crise : à Genève, Raïssa Malu appelle à agir contre les causes des conflits
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 5 NOVEMBRE 2026 - 19:14 WAT · 3 min de lecture

Maintenir les apprentissages est indispensable, mais ne suffit pas lorsque les violences se poursuivent. C’est le message porté par la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, au premier panel de cette conférence. Devant les gouvernements, bailleurs et partenaires internationaux, Raïssa Malu a attiré l’attention sur les enfants confrontés aux conflits, aux déplacements et aux crises sanitaires, notamment dans l’est de la RDC.

« Nous devons maintenir les apprentissages, mais nous devons surtout nous assurer de faire arrêter les conflits, de faire arrêter les occupations illégales des territoires et de faire arrêter les exploitations illégales et violentes des ressources naturelles », a-t-elle déclaré. La ministre a ainsi plaidé pour une mobilisation internationale qui associe soutien éducatif et action contre les facteurs d’instabilité.

Une stratégie de 824,2 millions de dollars pour l’éducation d’urgence

Raïssa Malu a présenté les priorités de la Stratégie de l’éducation et de la formation en situation d’urgence (SEFSU) 2025-2029, inscrite dans le Plan quinquennal 2024-2029 de son ministère. Ce cadre vise à assurer la continuité des apprentissages, à renforcer la capacité du système éducatif à faire face aux crises et à améliorer la protection ainsi que l’accompagnement psychosocial des élèves vulnérables.

L’investissement global prévu s’élève à 824,2 millions de dollars pour 2025-2029, dont 326,72 millions pour les interventions programmées entre 2027 et 2029. Près de 249 millions concernent directement la continuité éducative, l’accès à l’éducation et la protection des enfants. Les interventions doivent notamment consolider les actions engagées en Ituri, au Nord-Kivu et au Tanganyika. « Nous avons besoin de financements pluriannuels pour assurer la continuité des interventions. Mais il est tout aussi important de disposer de financements que nous pouvons mobiliser très rapidement », a insisté la ministre.

Au-delà des espaces temporaires d’apprentissage, des écoles provisoires et du soutien aux enseignants, Raïssa Malu a défendu une réponse intégrant la nutrition, l’accès à l’eau, la santé et la prise en charge des traumatismes. « Un enfant qui a faim ne peut pas étudier », a-t-elle rappelé. Elle a également évoqué l’enseignement à distance et la nécessité d’adapter rapidement les dispositifs éducatifs à l’évolution des urgences, notamment sanitaires.

Des engagements internationaux pour 10 millions d’enfants

Pour la ministre, investir dans l’éducation contribue aussi à construire la paix. En protégeant la scolarité des enfants et en formant les générations futures, les États peuvent, selon elle, favoriser des sociétés plus stables et contribuer à rompre les cycles de violence.

Organisée dans le cadre de la campagne « Hope Starts Here » — « L’espoir commence ici » —, la conférence de Genève s’est achevée sur des engagements de mobilisation de 541,6 millions de dollars pour permettre à 10 millions d’enfants affectés par les crises d’accéder à une éducation de qualité entre 2027 et 2030. Fonds mondial des Nations unies consacré à l’éducation en situation d’urgence, ECW coordonne cet effort avec les gouvernements, les bailleurs publics et privés ainsi que les acteurs humanitaires et du développement.

Christian T. ÉZÉCHIEL

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