Épidémie de choléra en RDC : le Dr Kamba alerte sur les conséquences des inondations
Le ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale, Dr Samuel Roger Kamba Mulamba, lors d’un briefing presse tenu lundi 14 juillet à la RTNC
AFP
Lors d’un briefing presse tenu ce lundi 14 juillet sur les antennes de la RTNC, le ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale, Dr Samuel Roger Kamba Mulamba, a tiré la sonnette d’alarme sur la flambée inquiétante de l’épidémie de choléra en République démocratique du Congo.
En une seule semaine — celle du 27 juin — 2 085 nouveaux cas ont été enregistrés, portant le nombre total à près de 35 000 cas cumulés depuis le début de l’année.
Selon le ministre, cette recrudescence est étroitement liée aux inondations répétées dans plusieurs provinces, en particulier dans les zones riveraines. « La maladie s’est propagée rapidement après les inondations. Les eaux contaminées sont utilisées pour la toilette, la cuisine, voire la consommation, faute d’accès à l’eau potable », a-t-il expliqué.
La capitale congolaise, Kinshasa, fait face à une situation critique. Le taux de mortalité y a atteint jusqu’à 9 %, contre une moyenne nationale de 3 %. Un drame a notamment frappé la commune de Bandalungwa, où plusieurs enfants ont succombé après avoir consommé de l’eau impropre à la consommation.
Dr Kamba a également mis en cause les comportements à risque dans certaines communautés. « Dans plusieurs provinces, les habitants continuent à utiliser la même source d’eau pour la vaisselle, le bain et la cuisine. Ces pratiques favorisent une contamination rapide », a-t-il averti.
À ce jour, 17 provinces sont touchées, parmi lesquelles le Tanganyika, le Haut-Lomami, Kinshasa, le Sud-Kivu, le Maniema et le Haut-Uele figurent parmi les plus affectées.
Face à cette situation, le ministre a appelé la population à adopter des gestes simples mais essentiels :
Se laver régulièrement les mains avec de l’eau propre et du savon;
Ne pas consommer d’aliments mal cuits ni d’eau non traitée;
Se rendre rapidement dans un centre de santé dès les premiers symptômes (diarrhée aqueuse, vomissements).
Il a aussi mis en garde contre l’automédication : « Prendre des médicaments antidiarrhéiques sans avis médical peut aggraver la situation. Cela bloque l’évacuation de l’eau, mais pas les microbes, ce qui peut provoquer un gonflement abdominal sévère », a-t-il insisté.
Le gouvernement travaille en collaboration avec des partenaires techniques, dont l’OMS et l’UNICEF, pour mener des campagnes de sensibilisation, distribution d’eau potable et chloration des points d’eau dans les zones touchées.
Le Dr Kamba a rappelé l’urgence d’une réaction collective : « Le choléra tue rapidement. Un enfant peut sembler en bonne santé le matin et mourir l’après-midi s’il n’est pas soigné à temps. La clé, c’est la prévention, l’hygiène, et une prise en charge rapide. »
Gilbert N