Est de la RDC : les Banyamulenge pointent la responsabilité de l’ex-député Nyarugabo
Est de la RDC : les Banyamulenge pointent la responsabilité de l’ex-député Nyarugabo
AFP
Réagissant aux critiques de l’ancien député national Moïse Nyarugabo sur les massacres visant les Tutsis dans le haut plateau de Fizi, l’Union Internationale des Banyamulenge (UIB) l’accuse de porter une lourde responsabilité dans cette crise, qu’elle attribue au Rwanda comme principal instigateur.
Dans une déclaration, l’UIB dénonce les propos de Nyarugabo, les qualifiant de « contre-vérités » et de « manœuvre politique égoïste » nécessitant, selon elle, une mise au point historique et morale. L’organisation estime que l’ex-parlementaire a contribué à l’embrasement et au prolongement des conflits meurtriers dans l’Est de la RDC.
« Les conséquences tragiques de vos actes et de vos choix politiques ont causé souffrances, déplacements forcés et la mort de milliers de familles Banyamulenge », accuse le communiqué, rappelant plusieurs épisodes sanglants.
L’UIB pointe notamment l’engagement de Nyarugabo aux côtés de l’AFDL en 1996, qu’elle considère comme le point de départ d’une série de conflits. Sous le RCD-Goma, soutenu par Azarias Ruberwa Manwa et le colonel Jules Mutebusi, des massacres auraient été orchestrés à Minembwe et Bukavu. « En complicité avec le Rwanda, vous avez envoyé des troupes sur les hauts plateaux de Minembwe pour briser l’opposition de jeunes Banyamulenge. Le prix fut lourd : femmes, enfants et jeunes militaires ont péri », accuse le texte.
L’organisation ajoute qu’entre 2015 et 2016, « avec la complicité du président Joseph Kabila », Nyarugabo aurait toléré l’infiltration de rebelles burundais soutenus par les forces spéciales rwandaises, avant de participer indirectement à des réunions secrètes entre officiers rwandais et milices Maï-Maï entre 2019 et 2020, visant l’extermination des Banyamulenge.
Pour l’UIB, la posture de Nyarugabo consistant à se présenter comme victime relève de l’hypocrisie. « Vous êtes à la fois l’instigateur et l’artisan des malheurs de votre communauté. Partout où l’AFC et le M23 opèrent sous votre conduite, les populations civiles vivent l’enfer », tranche le communiqué.
Face à ces accusations, l’Union Internationale des Banyamulenge exige le respect des frontières coloniales et l’intégrité territoriale de la RDC, tout en appelant à ce que les responsables de ces crimes soient traduits en justice.
Azarias Mokonzi