Sécurité & Défense Les généraux et officiers supérieurs des FARDC interdits de sortie du territoire

Les généraux et officiers supérieurs des FARDC interdits de sortie du territoire

Une instruction du vice-Premier ministre de la Défense, datée du 15 octobre 2026, suspend jusqu’à nouvel ordre toutes les demandes d’autorisation de sortie du pays. Les autorisations déjà délivrées et non exécutées tombent caduques.

Les généraux et officiers supérieurs des FARDC interdits de sortie du territoire
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 16 OCTOBRE 2026 - 14:11 WAT · 4 min de lecture

Aucun officier général ou supérieur des Forces armées de la République démocratique du Congo ne peut plus obtenir l’autorisation de quitter le pays. L’instruction porte le numéro VPM/MDNAC/CAB/6202/2026, elle est datée du 15 octobre 2026 et signée du vice-Premier ministre de la Défense nationale et Anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita. Elle est adressée au chef d’état-major général des FARDC. BETO en a obtenu copie.

« Toutes les demandes d’autorisations de sortie à l’extérieur du pays en faveur des Officiers Généraux et Supérieurs sont suspendues jusqu’à nouvel ordre », écrit le vice-Premier ministre. La mesure ne s’arrête pas aux demandes à venir : « les Autorisations de sortie de toute nature délivrées et non encore exécutées tombent caduques ». Et la consigne est ferme : « ces mesures conservatoires ne doivent souffrir d’aucune défaillance ».

Une décision prise au Conseil supérieur de la défense

Le texte ne laisse aucun doute sur son origine. Il agit « conformément aux instructions du Commandant Suprême des FARDC lors de la réunion du Conseil Supérieur de la Défense qu’il a présidée ce mercredi 14 octobre 2026 à la Cité de l’Union Africaine ». Le commandant suprême est le chef de l’État. C’est donc une décision présidentielle, que le ministère de la Défense se borne à transmettre à la hiérarchie militaire.

Le même conseil avait déjà donné lieu à de nouvelles instructions aux FARDC et aux services de sécurité. Celle-ci en est la traduction écrite, et la plus tangible.

La liste des destinataires dit la méthode

Copie est transmise pour information au président de la République, à la Première ministre, au vice-Premier ministre de l’Intérieur, au chef de la Maison militaire du chef de l’État, à l’inspecteur général des FARDC, au secrétaire général à la Défense, au sous-chef d’état-major du Renseignement et au directeur général de Migration.

Les deux derniers noms sont les plus parlants. Le sous-chef d’état-major chargé du Renseignement et la Direction générale de migration ne reçoivent pas une note protocolaire : ils tiennent les deux bouts du contrôle, l’un à l’intérieur de l’armée, l’autre aux postes frontières et à l’aéroport. Une suspension d’autorisations ne vaut que si quelqu’un vérifie les passeports au départ.

Trois jours après Goma

L’instruction ne dit pas un mot de ses motifs. La chronologie, elle, est publique. Le 12 octobre, le Front pour la refondation de la nation était annoncé à Goma, ville sous occupation, avec Joseph Kabila à sa tête. Le 14, le chef de l’État réunissait le Conseil supérieur de la défense. Le 15, les officiers généraux et supérieurs ne pouvaient plus sortir.

Le pays a déjà connu des épisodes où la loyauté du commandement a été posée en question. Le Conseil supérieur de la défense avait, par le passé, demandé la levée du moratoire sur la peine de mort contre les traîtres au sein des FARDC. Aucun lien de cette nature n’est établi ici, et l’instruction se qualifie elle-même de « mesures conservatoires », c’est-à-dire temporaires et préventives.

Ce que la mesure arrête aussi

Une armée en guerre envoie ses cadres à l’extérieur pour des raisons ordinaires : formations, stages d’état-major, réunions bilatérales, soins médicaux, livraisons d’équipements. La formule « de toute nature » ne fait pas le tri. Les FARDC entretiennent des coopérations militaires actives, et le vice-Premier ministre lui-même inspectait récemment les structures de formation, école de logistique comprise.

Aucune durée n’est fixée. Le texte dit « jusqu’à nouvel ordre ». À l’heure de publication, ni le ministère de la Défense ni l’état-major général n’ont communiqué publiquement sur cette instruction.

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B
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