Fonds Ebola : 350 000 dollars versés aux caucus de députés, le comité des sages saisi
Le ministère de la Santé a alloué 150 000 dollars au caucus des députés nationaux du Nord-Kivu, autant à celui de l’Ituri et 50 000 à celui du Haut-Uélé pour la sensibilisation contre Ebola. Une députée de Butembo dit avoir reçu 46 500 dollars. Au Haut-Uélé, un député accuse ses collègues et le dossier part devant le comité des sages.
Fonds Ebola : 350 000 dollars versés aux caucus de députés, le comité des sages saisi
AFP
Le ministère de la Santé a versé 350 000 dollars américains à trois caucus de députés nationaux pour la sensibilisation contre la maladie à virus Ebola : 150 000 au caucus du Nord-Kivu, 150 000 à celui de l’Ituri et 50 000 à celui du Haut-Uélé, selon Radio Okapi.
La députée de Butembo Jeanine Kavira Katasohire déclare avoir reçu 46 500 dollars, dont 9 300 sous forme de gels hydroalcooliques et de thermoflash destinés aux zones de santé de Katwa et de Butembo. Son collègue Elie Kambale a demandé au ministre un état des montants promis et des montants effectivement décaissés.
Au Haut-Uélé, six députés sur onze sont allés sur le terrain
Le député Joseph Bangakya Angaze accuse des collègues d’avoir détourné une partie de l’enveloppe. Le président du caucus, Norbert Samaki, répond que six membres seulement sur onze se sont rendus sur le terrain, que les fonds ont été partagés entre eux, puis qu’une partie a été reversée aux absents.
Le bureau de l’Assemblée nationale se déclare non impliqué et rappelle que les caucus provinciaux sont des structures informelles, sans existence dans le règlement intérieur. Le dossier a été renvoyé au comité des sages de la chambre basse.
Le ministère de la Santé n’a pas réagi
Aucune réaction du ministère de la Santé n’a été publiée à ce stade sur le critère d’attribution de ces enveloppes, sur leur base juridique, ni sur les pièces justificatives attendues des caucus. Les accusations portées au Haut-Uélé ne sont établies par aucune instance.
Ces versements interviennent alors que le gouvernement a conditionné l’accréditation des organisations de la riposte à la preuve de leur transparence financière, et que les structures sanitaires qui ne respectent pas le dispositif sont suspendues, comme en Tshopo. Sur le terrain, l’épidémie a déjà tué dix élèves en Ituri depuis la rentrée.
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