Santé Ebola : à Bunia la fréquentation des centres de santé chute de 80 %, à Aru un convoi de la riposte attaqué
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Ebola : à Bunia la fréquentation des centres de santé chute de 80 %, à Aru un convoi de la riposte attaqué

Le centre de santé Aéro de Bunia est passé de 200 à 40 patients par jour. À Kandoy, des motards ont endommagé des véhicules de la riposte venus évacuer un bébé de huit mois.

Des agents d'hygiène décontaminent le personnel soignant à la sortie d'un centre de traitement Ebola

Hygiene agents disinfect medical staff after they finish patient rounds as part of doffing procedures at the MSF Ebola Treatment Centre in Lwiro, South Kivu.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 19 AOÛT 2026 - 13:54 WAT · 3 min de lecture

Au centre de santé Aéro de Bunia, on comptait environ deux cents patients par jour avant l’épidémie. Il en vient aujourd’hui une quarantaine. Quatre malades sur cinq ont cessé de franchir la porte. Ce que ces chiffres décrivent n’est pas un recul de la maladie, mais un recul du recours aux soins, au moment précis où la riposte contre la souche Bundibugyo a le plus besoin que les malades se présentent.

La peur est double, expliquent les soignants : celle d’attraper le virus dans l’établissement, et celle d’en ressortir déclaré positif. Le centre a mis en place un tri à l’entrée. « Les patients sont orientés en fonction des symptômes correspondant à la définition de cas d’Ebola, notamment la fièvre, les maux de tête ou les douleurs abdominales », explique Chantal Buregeya, infirmière titulaire du centre, citée par Radio Okapi. Les cas suspects sont isolés dans une salle située à l’écart du bâtiment principal. Ceux qui renoncent à venir se soignent seuls, à domicile, hors de tout circuit de dépistage.

À Kandoy, le convoi venu chercher un bébé de huit mois

Le même mouvement a pris à Aru une forme violente. Lundi 17 août en fin de journée, à Kandoy, dans le secteur de Ndo, de jeunes motards ont endommagé des véhicules de la riposte et une structure sanitaire, dont plusieurs vitres et portes. Le convoi était venu évacuer vers Aru-centre une femme nourricière et un bébé de huit mois, après la notification de deux cas suspects que des membres de la communauté contestaient. Un chauffeur a été blessé, des patients ont fui l’établissement, et le trafic des motos-taxis est resté paralysé.

« Les enquêtes se poursuivent afin d’établir les responsabilités », a indiqué Israël Omo, chef de secteur de Ndo, dont les propos ont été rapportés par Radio Okapi. Deux épisodes distincts, le même jour, dans deux territoires de l’Ituri, disent la même chose : la chaîne de confiance entre les équipes de riposte et les populations se distend.

Cette érosion arrive à un moment charnière. Le gouvernement a annoncé le 18 août une rentrée scolaire différenciée dans dix-huit sous-divisions à haut risque, en pariant explicitement sur la vaccination pour ramener l’épidémie sous contrôle. Or un vaccin suppose des équipes qui circulent, des cas notifiés, des contacts suivis. Les trois reposent sur l’acceptation communautaire.

L’épidémie en cours est déjà la plus importante jamais enregistrée en RDC, avec 5 021 cas confirmés et 2 378 décès cumulés selon les chiffres communiqués par le ministère de la Santé publique. Elle touche six provinces et 55 zones de santé.

La riposte, elle, continue de trier le vrai du faux au cas par cas : à Kinshasa, l’Institut national de santé publique a invalidé un cas suspect signalé à Lemba après investigation. Chaque alerte démentie proprement est autant de crédit regagné. Chaque convoi caillassé en fait perdre.

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