Haut-Katanga : l’Ordre des pharmaciens dénonce l’intrusion des profanes dans son secteur
Haut-Katanga : l’Ordre des pharmaciens dénonce l’intrusion des profanes dans son secteur
AFP
Dans la province du Haut-Katanga, des personnes sans titre ni qualité, s’abreuvent le droit d’exercer dans le secteur pharmaceutique. Voilà qui pousse le Conseil provincial de l’Ordre des Pharmaciens à fustiger l’intrusion de ces profanes dans ce domaine.
Le Président du Conseil provincial de l’Ordre des Pharmaciens du Haut-Katanga, qui revient à la charge, rappelle la nécessité d’assainir le secteur pharmaceutique. « Nous n’allons pas nous fatiguer d’insister qu’un médicament dans les mains inexpertes, au lieu que ça vous rende la santé ou le sourire, ça devient un poison. Un médicament mal utilisé ou conservé, ça peut tuer », fait observer le Pharmacien David Kawel Mbangu.
« Le secteur pharmaceutique est purement technique puisque touchant à la santé de toute la population et devrait être réservé aux mains expertes, c’est à dire aux mains du Pharmacien. C’est la seule personne habilitée à manipuler le médicament, dès la conception jusqu’à la consommation des patients », a-t-il souligné. Et d’ajouter: « Mais comme vous le savez, avec notre pays, il y a un désordre total dans le secteur, chacun ouvre la pharmacie, s’achète des médicaments et les distribue dans les conditions inacceptables, et la population n’étant pas conscientisée, elle achète carrément la mort. »
« C’est ainsi qu’au niveau de l’ordre des Pharmaciens, nous n’allons pas nous fatiguer à interpeller l’autorité. Parce-que c’est l’autorité politique qui a le pouvoir de nous aider à assainir le secteur et faire partir tous les charlatans qui sont entrain d’empoisonner la population. C’est l’autorité qui devrait nous aider à éradiquer ces boutiques de la mort », a déclaré le Président de l’Ordre des Pharmaciens dans le Haut-Katanga.
« La loi est claire. On ne peut pas ouvrir une pharmacie sans la présence d’un Pharmacien. C’est la seule personne qui connaît le médicament et dans quelles conditions l’utiliser. Et qui connaît comment conseiller la prise de telle ou telle autre substance aux malades », a dit le Pharmacien David Kawel. Il précise par ailleurs que, la loi donne deux possibilités. « La pharmacie peut appartenir au Pharmacien ou à un profane, mais à condition que le responsable technique soit un Pharmacien et que tout le monde travaille sous sa couverture », a-t-il précisé.
« L’automédication est une voie d’abus des médicaments. Nous interpellons nos autorités politiques et judiciaires. On ne peut rien faire sans leur apport. Pour que justement, que la population soit protégée. Que nous puissions être en mesure, une fois fermé toutes ces boutiques de la mort, exiger que la loi pharmaceutique soit respectée », a insisté le Pharmacien David Kawel.
« C’est incompréhensible de dépenser son argent pour acheter sa propre mort. Ce n’est pas possible. Que la population soit regardante sur où s’approvisionner en médicaments. Il y a des pharmacies viables. N’achetez plus n’importe où. Exiger la qualité avec votre argent », a-t-il interpellé.
« Nous ne sommes pas là, que pour appeler l’autorité à fermer les boutiques de la mort, sans alternative. Voilà pourquoi, nous encourageons les Pharmaciens à ouvrir leurs officines et s’installer partout pour ainsi servir la population. Là où il y a un Pharmacien, c’est différent d’un profane. Tôt ou tard nous aurons cet assainissement du secteur pharmaceutique », a conclu David Kawel, Président de l’Ordre des Pharmaciens du Haut-Katanga.
Junior Ngandu
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