Indemnisations de l’Ouganda : Rose Mutombo confirme devant la Cour que 81 % des fonds sont destinés aux victimes
Photo prise par l'ACP de l'ancienne ministre de la Justice, Rose Mutombo
AFP
Le procès de Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice de la République démocratique du Congo, poursuivi pour détournement présumé de fonds publics, a connu un tournant ce mercredi 6 août 2025, avec l’audition de Rose Mutombo, son prédécesseure à la tête du ministère de la Justice. Cette cinquième audience, tenue à la Cour de cassation, a été marquée par des déclarations-clés rapportées par l’Agence Congolaise de Presse (ACP).
Au cœur du dossier judiciaire figure un montant de 19,9 millions de dollars perçu par le gouvernement congolais dans le cadre des indemnisations versées par l’Ouganda, en exécution d’un arrêt de la Cour internationale de justice (CIJ). Ces fonds constituent une part du total accordé à la RDC pour les préjudices subis lors de la guerre de six jours à Kisangani.
Intervenant en tant que témoin, Rose Mutombo a rappelé que la clé de répartition des fonds, citée dans l’arrêt de la CIJ, est de 81 % pour les victimes et 18,5 % pour le gouvernement congolais, une quote-part dont la gestion a été confiée au ministère de la Justice.
«La clé de répartition de Frivao est tirée de l’arrêt même de la Cour internationale de justice, c’est clairement cité dans cet arrêt : 81 % pour les victimes et 18,5 % pour le gouvernement », a déclaré Mme Mutombo, citée par l’ACP.
Elle a également précisé que le compte bancaire sur lequel ces fonds ont été logés existait avant sa prise de fonctions : «Ce compte, je l’ai trouvé, ça doit être créé par mes prédécesseurs qui l’ont ouvert. C’est un compte inexistant, du temps de Thambwe Mwamba ou Lozolo Bambi. »
Pour les avocats de Constant Mutamba, ces éclaircissements viennent appuyer leur ligne de défense. S’adressant à la Cour, l’un d’eux a affirmé.
«Monsieur le président, nous sommes satisfaits, nous sommes confortés dans notre position. Nous restons dans le cadre du contrat judiciaire du 19.900.000 dollars. Ont-ils été dépensés en accord avec le gouvernement ou sur initiative propre du prévenu ? Et nous avons des réponses. Nous n’avons pas de préoccupation particulière, nous sommes satisfaits des éclairages de la renseignante devant votre Cour », selon les propos recueillis par l’ACP.
Ce procès, très suivi par l’opinion publique, soulève des enjeux majeurs liés à la transparence dans la gestion des réparations internationales. Il s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre la corruption et pour la redevabilité des gestionnaires publics.
La prochaine audience est attendue avec intérêt, alors que d’autres témoins pourraient venir confirmer ou nuancer les déclarations déjà faites.
Gilbert N.
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