FRIVAO : les sénateurs de l’espace Grande Orientale réclament des informations précises sur les fonds destinés aux victimes
Une délégation de sénateurs issus des provinces du Bas-Uele, du Haut-Uele, de l’Ituri et de la Tshopo a été reçue à Kinshasa par le ministre d’État en charge de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa. En toile de fond : la situation de la justice dans l’espace Grande Orientale ainsi que la gestion
FRIVAO : les sénateurs de l’espace Grande Orientale réclament des informations précises sur les fonds destinés aux victimes
AFP
Une délégation de sénateurs issus des provinces du Bas-Uele, du Haut-Uele, de l’Ituri et de la Tshopo a été reçue à Kinshasa par le ministre d’État en charge de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa. En toile de fond : la situation de la justice dans l’espace Grande Orientale ainsi que la gestion du Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO).
Selon un communiqué publié sur le compte X du ministre de la Justice, les discussions ont porté sur plusieurs priorités majeures, notamment la situation des magistrats, le fonctionnement des juridictions et les mécanismes de réparation destinés aux victimes des exactions commises dans l’est du pays.
La question du FRIVAO a occupé une place centrale lors de cette rencontre. Les sénateurs ont exprimé leur volonté d’obtenir des informations précises sur la gestion du Fonds, les ressources déjà mobilisées ainsi que les dispositifs mis en œuvre pour répondre aux attentes des populations victimes.
« J’ai réaffirmé, au nom du Gouvernement, notre détermination à agir avec responsabilité, transparence et efficacité. Nous poursuivons les réformes engagées pour améliorer les conditions de détention, renforcer le fonctionnement des juridictions et accélérer les actions de réparation et de réhabilitation en faveur des victimes », a écrit Guillaume Ngefa.
Selon Guillaume Ngefa, cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la concertation permanente entre le ministère de la Justice et les élus nationaux. Elle vise notamment à rapprocher davantage l’appareil judiciaire des réalités du terrain et à garantir aux citoyens une justice plus accessible, plus humaine et plus équitable.
Créé par décret, le FRIVAO est un établissement public basé à Kisangani. Sa mission consiste à gérer et redistribuer les 325 millions de dollars américains que l’Ouganda a été condamné à verser à la République démocratique du Congo par la Cour internationale de Justice (CIJ), en réparation des pillages et exactions commis entre 1998 et 2003.
Cependant, l’institution traverse actuellement une grave crise marquée par des soupçons de corruption et plusieurs procédures judiciaires. Le FRIVAO est notamment au cœur d’un procès pour détournement de deniers publics devant la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe.
Sur les 194 millions de dollars déjà versés par Kampala à l’État congolais, seule une faible partie, estimée à environ 28 millions de dollars, aurait effectivement atteint les bénéficiaires certifiés.
Dans le cadre de cette affaire, l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, cité à comparaître comme témoin, ne s’est pas présenté à l’audience du mardi 19 mai 2026 devant la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe. Selon le greffier, l’ancien ministre aurait indiqué qu’il ne comparaîtrait pas et a transmis des documents médicaux justifiant son absence pour raisons de santé.
Son audition avait été décidée après l’audience du 30 avril dernier, consacrée à l’examen de paiements évalués à plus de 50 millions de dollars américains, qui auraient été effectués avant l’obtention de l’avis de non-objection de la Direction générale de contrôle des marchés publics (DGCMP).
Détenu à la prison centrale de Makala, le directeur général ad intérim du FRIVAO, Chansar Bolukola, affirme pour sa part avoir exécuté ces paiements sur instruction verbale de l’ancien ministre de la Justice.
Silas MUNGINDA
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