Inflation en RDC : les légumes et les céréales tirent le coût de la vie vers le haut
La légère accélération de l’inflation observée à la mi-juillet est principalement alimentée par les produits alimentaires. Les légumes, le pain et les céréales pèsent lourdement sur le panier des ménages congolais.
Inflation en RDC : les légumes et les céréales tirent le coût de la vie vers le haut
AFP
L’inflation hebdomadaire en République démocratique du Congo s’est établie à 0,195 % au cours de la deuxième semaine de juillet 2026, contre 0,186 % une semaine auparavant. À Kinshasa, elle est passée de 0,197 % à 0,206 %. Cette progression reste modérée, mais elle touche principalement les produits consommés quotidiennement par les ménages.
Selon l’Institut national de la statistique, les produits alimentaires et les boissons non alcoolisées ont représenté 76,618 % de la variation totale de l’indice des prix. Cela signifie qu’un peu plus des trois quarts de l’inflation enregistrée durant la semaine provenaient du panier alimentaire, loin devant les autres fonctions de consommation.
Les légumes en première ligne
Dans le détail, les légumes constituent le premier facteur de hausse, avec une contribution de 30,423 % à l’évolution générale des prix. Ils sont suivis par le pain et les céréales, qui représentent 18,725 %, puis les poissons avec 9,455 %. Les viandes contribuent à hauteur de 4,245 %, contre 3,690 % pour les huiles et les matières grasses. Ces taux indiquent leur poids dans l’inflation globale et non l’augmentation individuelle du prix de chaque produit.
Cette structure montre que la pression inflationniste se concentre sur des biens difficiles à supprimer du budget familial. Les légumes, les céréales, le poisson, la viande et l’huile constituent une part essentielle de l’alimentation quotidienne. Même limitée dans les statistiques nationales, leur hausse peut donc être fortement ressentie par les ménages aux revenus modestes.
Des pressions au-delà de l’alimentation
D’autres dépenses ont également participé à la progression du coût de la vie. Le logement, l’eau, l’électricité et le gaz ont contribué à hauteur de 7,418 %, devant les loisirs et la culture à 4,219 %, les biens et services divers à 3,201 %, les transports à 2,652 % et la santé à 2,546 %. Leur influence reste toutefois nettement inférieure à celle des produits alimentaires.
La situation marque aussi un déplacement des sources de l’inflation. Durant la première semaine de juillet, les transports figuraient parmi les principaux facteurs de progression des prix. Une semaine plus tard, la pression s’est recentrée sur les denrées de première nécessité, révélant la vulnérabilité des ménages aux variations de l’offre agricole, des coûts d’acheminement et des circuits de distribution.
En cumul annuel, l’inflation atteignait 5,229 % au niveau national et 5,265 % à Kinshasa. Mais au-delà de cette évolution générale, la concentration des hausses sur l’alimentation constitue le principal signal d’alerte. Tant que les légumes, les céréales, le poisson et l’huile resteront les moteurs de l’inflation, la stabilité macroéconomique demeurera difficilement perceptible dans le panier quotidien des Congolais.
Odon Bakumba