En continu Interdiction des baleinières en bois : Mateus Kanga plaide auprès du Chef de l’État pour un sursis à la Tshopo (lettre)

Interdiction des baleinières en bois : Mateus Kanga plaide auprès du Chef de l’État pour un sursis à la Tshopo (lettre)

Face à la décision du ministre des transports portant interdiction de la navigation des baleinières en bois, l'Assemblée provinciale de la Tshopo monte au créneau. Dans une correspondance adressée ce vendredi 06 novembre 2026 au Président de la République, le Président de l'organe délibérant, Dr Mateus Kanga Londimo, tire la sonnette d'alarme et sollicite une intervention personnelle du Chef de l'État pour éviter un étouffement socio-économique de la province de la Tshopo.

Interdiction des baleinières en bois : Mateus Kanga plaide auprès du Chef de l’État pour un sursis à la Tshopo (lettre)
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 6 NOVEMBRE 2026 - 22:30 WAT · 2 min de lecture

La mesure en question tire sa référence du communiqué de service émis le 28 octobre 2026 par la Cheffe de Division provinciale des Transports, faisant suite aux instructions du Vice-Premier Ministre, Ministre des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, ainsi qu’au communiqué du Secrétaire général du secteur daté d’octobre 2026. Si l’Assemblée provinciale de la Tshopo salue la volonté légitime du Gouvernement central de mettre un terme aux naufrages récurrents et d’encadrer la sécurité fluviale, elle s’insurge cependant contre son application jugée brutale.

« Nous souscrivons à l’interdiction formelle du transport des personnes par les baleinières en bois. En revanche, nous ne saurions souscrire à l’interdiction immédiate du transport des biens, qui nécessite une période transitoire d’une année minimum », lit-on dans cette correspondance dont BETO.CD a exclusivement reçu copie.

Pour Mateus Kanga, le délai d’un an est impératif afin de permettre aux opérateurs économiques locaux de migrer progressivement vers des embarcations métalliques, le Gouvernement n’ayant prévu aucun moyen de suppléance immédiat.

Il justifie sa requête sur trois réalités qui caractérisent actuellement la Tshopo notament la dépendance totale au trafic fluvial, l’inexistence d’une flotte alternative en métal et le risque d’une crise sociale dans la Tshopo.

Restée sans réponse suite à une première correspondance adressée le 14 octobre dernier au patron national des Transports, l’Assemblée provinciale s’en remet en dernier ressort au Chef de l’État. Elle plaide pour qu’une instruction soit donnée au Gouvernement central de surseoir à la mesure pour les provinces enclavées comme la Tshopo, le temps de matérialiser un plan de transition réaliste.

À l’en croire, celui-ci devrait inclure le recensement des embarcations, le renforcement des normes de sécurité, ainsi qu’un appui concret aux exploitants pour l’acquisition de baleinières métalliques.

« Excellence, nous ne voulons pas subir la crise, nous voulons l’anticiper. C’est dans cet esprit de prévention et de responsabilité que nous soumettons cette requête à Votre Haute Autorité », écrit le Président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo.

L’affaire est suivie de près par BETO.CD, alors que la date fatidique du 15 novembre 2026, marquant l’entrée en vigueur de l’interdiction, se rapproche à grand pas.

Serge SINDANI

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