Corridor de Lobito : la RDC veut élargir le projet au-delà du chemin de fer
Corridor de Lobito : la RDC veut élargir le projet au-delà du chemin de fer
AFP
Le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a plaidé, jeudi 8 octobre 2026 à Lusaka, en Zambie, pour la transformation du Corridor de Lobito en un véritable pôle de développement économique intégré. Lors de la deuxième réunion de coordination consacrée à ce projet régional, il a appelé à dépasser la seule interconnexion ferroviaire pour intégrer les infrastructures routières, l’industrialisation, l’agriculture et le développement urbain.
Intervenant au cours de la session consacrée aux investissements dans les infrastructures, John Banza Lunda a présenté la vision de la République démocratique du Congo pour le développement de ce corridor stratégique reliant l’Angola, la RDC et la Zambie.
Selon le ministre, l’objectif est de faire du Corridor de Lobito un levier d’intégration économique régionale, capable de stimuler les échanges commerciaux, de soutenir l’industrialisation, de renforcer la sécurité alimentaire et de favoriser un développement urbain durable.
Cette approche s’inscrit dans les ambitions de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui vise notamment à faciliter les échanges commerciaux et à renforcer l’intégration économique entre les pays africains.
Pour concrétiser cette vision, John Banza Lunda a présenté plusieurs avancées enregistrées par la RDC dans la mise en œuvre du projet. Il a notamment cité la signature de l’accord ferroviaire Sakania-Tenke-Dilolo, la création d’un comité technique interministériel consacré au Corridor de Lobito ainsi que l’élaboration en cours d’un plan directeur de développement du corridor sur le territoire congolais.
Le ministre a également défini trois axes prioritaires d’investissement. Le premier concerne le renforcement du réseau routier afin de désenclaver les zones de production et de faciliter l’acheminement des marchandises vers les infrastructures ferroviaires.
Le deuxième porte sur la modernisation des infrastructures urbaines, notamment la réhabilitation de la voirie et des bâtiments publics dans les localités situées le long du corridor.
Le troisième axe repose sur le Projet d’appui à la connectivité et au transport (PACT), financé par la Banque mondiale. Ce programme doit notamment contribuer à améliorer les connexions entre les infrastructures routières et ferroviaires afin de faciliter la circulation des personnes et des marchandises.
Au cours de son intervention, John Banza Lunda a également sollicité un accompagnement accru des partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) et l’Union européenne (UE), pour accélérer la concrétisation des investissements prévus.
Pour la RDC, l’enjeu est de faire du Corridor de Lobito non seulement une voie d’évacuation des produits miniers, mais aussi un instrument de diversification économique, susceptible de soutenir les activités agricoles, industrielles et commerciales dans les régions traversées.
Cette deuxième réunion de coordination de Lusaka constitue ainsi une étape supplémentaire dans les discussions entre les pays concernés et leurs partenaires. La réalisation de cette ambition dépendra toutefois de la mobilisation des financements, de la coordination des investissements et de l’exécution effective des projets d’infrastructures.
Albert Einstein M.
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