Kinshasa dénonce l’occupation rwandaise et suspend toute forme de coopération avec Kigali
Des rebelles du groupe armé M23 patrouillent, à Bukavu, en République démocratique du Congo, le 27 février 2025. REUTERS
AFP
Kinshasa hausse le ton face à la situation explosive dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Dans un communiqué officiel publié ce mercredi 18 juin 2025, le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires Coutumières, Jacquemin Shabani, a vivement dénoncé les actes de « graves atteintes à l’intégrité du territoire national » imputés à l’armée rwandaise et à ses supplétifs opérant dans les territoires sous occupation au Sud-Kivu et au Nord-Kivu.
Le document gouvernemental dresse un tableau particulièrement sombre de la situation humanitaire et sécuritaire. Selon Kinshasa, les dernières données font état de plus de 289 assassinats et exécutions sommaires, 102 cas de viols, plus de 270 actes de tortures corporelles, ainsi que des centaines de disparitions forcées et des milliers de cas de recrutements forcés, notamment parmi les jeunes. Des événements particulièrement graves survenus entre le 9 et le 16 juin 2025 viennent encore alourdir ce bilan macabre.
Parmi les faits les plus inquiétants, les autorités congolaises évoquent la découverte de fosses communes, la transplantation forcée de populations rwandaises dans les zones occupées et même la mise en place d’une administration parallèle, avec la nomination d’un gouverneur rwandais au Sud-Kivu. Le communiqué va jusqu’à dénoncer l’installation d’un responsable rwandais à la tête de la Commission Nationale pour les Réfugiés (CNR) dans ces territoires, une violation manifeste de la souveraineté congolaise.
Le gouvernement congolais fustige ce qu’il qualifie de « violations flagrantes des instruments juridiques internationaux », rappelant que ces actes violent notamment la Charte des Nations Unies, l’Acte constitutif de l’Union africaine ainsi que la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés. Kinshasa s’étonne également du silence assourdissant de la communauté internationale face à ce qu’elle considère comme une stratégie expansionniste du Rwanda, qui dissimule ses ambitions sous un discours officiel de paix.
Dans un ton ferme, le communiqué annonce que la RDC suspend toute forme de collaboration et de participation aux structures mises en place par l’occupation rwandaise, y compris les mécanismes liés à la réunion tripartite RDC-HCR-Rwanda. Kinshasa appelle par ailleurs la communauté internationale à sortir de son mutisme et à prendre ses responsabilités face à ces violations graves du droit international.
Enfin, le gouvernement congolais affirme avoir engagé un processus rigoureux de documentation de ces violations, avec l’objectif de poursuivre en justice les auteurs identifiés. Il réaffirme également son soutien aux victimes à travers les structures étatiques mises en place.
Gilbert N.
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