Révolte et fuite devant l’ennemi : 58 soldats condamnés à Kisangani
Le verdict est tombé vendredi soir après une série d’audiences menées en procédure de flagrance. Le tribunal militaire de garnison de Kisangani a rendu son jugement dans l’affaire qui opposait le ministère public à 84 militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Poursuivis pour des chefs d’accusation lourds, notamment fuite devant
Révolte et fuite devant l’ennemi : 58 soldats condamnés à Kisangani
AFP
Le verdict est tombé vendredi soir après une série d’audiences menées en procédure de flagrance. Le tribunal militaire de garnison de Kisangani a rendu son jugement dans l’affaire qui opposait le ministère public à 84 militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Poursuivis pour des chefs d’accusation lourds, notamment fuite devant l’ennemi, révolte, violation des consignes et dissipation de munitions, la majorité des prévenus a vu la peine de mort être écartée. Le tribunal a estimé que les preuves présentées par l’accusation étaient insuffisantes pour caractériser la révolte, la fuite ou le gaspillage des munitions.
Ainsi, le tribunal de garnison de Kisangani a condamné 58 militaires à une peine de trois ans de servitude pénale principale pour violation des consignes. 16 militaires ont été purement et simplement acquittés et 10 militaires ont été renvoyés devant le ministère public afin d’être poursuivis séparément pour le grief de perte d’armes.
Selon nos informations, ces militaires étaient initialement déployés à Masisi, sur les lignes de front de Ngululu 1. Après avoir quitté leurs positions, ils s’étaient repliés vers Ngowa, dans le territoire de Walikale. Ils réclamaient le paiement de leurs soldes, l’octroi des primes de guerre ainsi que l’accès à leurs rations alimentaires. Lors des plaidoiries, les avocats de la défense ont fermement soutenu que la situation relevait davantage d’un dysfonctionnement et d’une « faute administrative » interne à l’armée que d’une infraction pénale de nature à être lourdement sanctionnée.
Maître Patience Yengonane, avocate au barreau de la Tshopo, a réagi à l’issue du verdict. Si la condamnation de 58 soldats reste une sanction, la défense se félicite d’avoir évité le pire, à savoir la peine de capitale, souvent requise dans ce type de dossier en zone de conflit. L’avocate a d’ores et déjà indiqué que cette décision de trois ans de servitude pénale laissait une marge de manœuvre juridique. La défense étudie la possibilité d’interjeter appel dans l’espoir d’obtenir, en seconde instance, un acquittement total pour le reste des condamnés.
Serge SINDANI
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