Kinshasa : Kilimbalimba met en garde contre l’intox et les abus des agents de l’ordre
Kinshasa : Kilimbalimba met en garde contre l’intox et les abus des agents de l’ordre
AFP
Lors d’une parade de réarmement moral des troupes, tenue recensement sur l’Esplanade du Palais du Peuple, le commandant de la police de Kinshasa a mis en garde contre la guerre psychologique menée par certains groupes malintentionnés et a annoncé des mesures fortes pour rétablir l’ordre.
Face aux rumeurs qui circulent dans la capitale congolaise, le commissaire divisionnaire adjoint Blaise Kilimbalimba a exhorté la population kinoise à ne pas céder à la désinformation.
« Nous devons rester vigilants et ne pas tomber dans le piège de l’ennemi, qui utilise la guerre psychologique pour semer la panique parmi la population», a déclaré Blaise Kilimbalimba devant ses troupes.
Il a notamment évoqué les récentes fausses informations sur la présence présumée de ressortissants rwandais au Stade des Martyrs, affirmant qu’un avis de recherche avait été lancé contre les auteurs de ces rumeurs.
La question des embouteillages a également été abordée lors de cette rencontre. Le commissaire divisionnaire adjoint a pointé du doigt le comportement incivique de certains automobilistes, y compris les chauffeurs des autorités, qui bafouent intentionnellement le code de la route.
« Nous ne pouvons pas continuer à tolérer cette anarchie sur nos routes. Désormais, toute infraction sera sanctionnée. Un premier lot de quittances a été remis à nos services, et toutes les amendes devront être payées à la DGRAD ou à la DGRK, » a-t-il annoncé.
Le retour inquiétant du phénomène «bureau deux»
Lors de cette parade, le chef de la police de Kinshasa a également dénoncé la réapparition du phénomène «bureau deux», un groupe d’agents de l’ordre qui, sous prétexte de maintenir la sécurité, terrorisent la population.
« Il n’y a pas longtemps, nous avons interdit le mouvement de bureau deux à Kinshasa. Mais aujourd’hui, ce phénomène a repris. Certains agents profitent de la psychose liée à la guerre dans l’Est du pays pour effrayer la population et faire croire que le gouvernement est incapable d’assurer la sécurité des citoyens», a-t-il déploré.
Un autre problème dénoncé est la fouille illégale des téléphones par des agents sous prétexte de chercher des images en rapport avec le conflit à l’Est.
« Mais comment peut-on attribuer des mauvaises images au propriétaire d’un téléphone comme s’il les avait créées ? Ces contenus circulent librement sur les réseaux sociaux. Cela ne constitue pas une infraction, et aucun agent n’a reçu mission de fouiller les téléphones des paisibles citoyens dans la rue», a martelé Blaise Kilimbalimba.
Il a rappelé que seules les autorités compétentes peuvent procéder à de telles vérifications, et ce, uniquement dans un cadre légal.
Usage de faux documents par certains policiers
Le commandant de la police a enfin dénoncé une autre pratique illégale : l’utilisation de faux documents par certains agents pour intimider la population.
« Commandants ! Il faut mettre fin à cette pratique. Nous voyons des policiers et militaires exhiber de faux documents pour extorquer les habitants de Kinshasa. Ils ne donnent même pas le temps aux citoyens de lire le contenu, car ils savent que c’est du faux», a-t-il averti.
Il a promis des sanctions exemplaires contre les agents impliqués dans ces abus et a appelé la population à signaler toute tentative de tracasserie policière.
Le commissaire divisionnaire adjoint a également précisé la répartition des responsabilités en cas de menace sécuritaire sur Kinshasa.
« Pour tout cas de menace, il y a deux responsabilités distinctes. Sur le plan intérieur, c’est la police qui intervient. En cas de menace extérieure, c’est la 14ᵉ région militaire qui prend les commandes, en coordination avec la police militaire et les autres forces de sécurité», a-t-il expliqué.
Blaise Kilimbalimba a réaffirmé l’engagement de la police à assurer la sécurité de la population kinoise et a exhorté les citoyens à rester vigilants face à la manipulation et aux abus de certains agents.
Ézéchiel CTM
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