Climat et environnement Kinshasa sous les eaux de la pluie en pleine saison sèche

Kinshasa sous les eaux de la pluie en pleine saison sèche

Kinshasa frappée par des inondations inattendues. PHOTO DROITS TIERS.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 14 JUIN 2025 - 08:22 WAT · 3 min de lecture

Contre toute attente, une pluie torrentielle s’est abattue dans la nuit de vendredi à samedi 14 juin sur Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. Survenue bien après la période habituelle des dernières précipitations, cette pluie, qualifiée de « diluvienne », a provoqué d’importantes inondations dans plusieurs quartiers de la ville, en pleine saison sèche officiellement amorcée depuis le 25 mai, selon l’Agence Nationale de Météorologie et Télédétection par Satellite (METTELSAT).

Les conséquences de cette pluie inattendue ont été particulièrement ressenties autour de la rivière Kalamu, dans le centre de Kinshasa, où les eaux déchaînées ont envahi des habitations. C’est ce qu’a témoigné, un résident du quartier industriel dans la commune de Limeté, témoigne avec amertume : « C’est la première fois que nous avons de l’eau jusqu’au salon. La route, voire notre cour, sont inondées. Des appareils électroménagers sont dans l’eau. »

Des images et témoignages recueillis dans les quartiers de Kauka, Limeté, Kalamu ou encore Matete montrent des rues transformées en rivières, des maisons inondées, et des familles désemparées. Ce phénomène, survient pourtant hors du calendrier habituel des pluies.

Selon METTELSAT, la date moyenne de début de la saison sèche pour 2025 était fixée au 25 mai, avec une marge de dispersion allant du 18 mai au 2 juin. L’agence avait prévenu dans un communiqué du 15 mai que la saison sèche de cette année serait marquée par une alternance d’humidité et de sécheresse, avec des risques liés à la baisse de température et à la présence de poussières. Aucune alerte cependant ne prévoyait des pluies aussi intenses au mois de juin.

Pour Angélique Kahozi, religieuse de 65 ans et habitante de Kinshasa, cette anomalie est le signe évident d’un bouleversement climatique. « Les effets néfastes des changements climatiques sont là : nous avons des pluies diluviennes au-delà du mois de mai. C’est anormal. On n’a jamais connu ça », s’est-elle indignée auprès de nos confrères de l’Agence congolaise de presse.

Un constat partagé par Henri Kumba, enseignant à la retraite vivant au quartier Kauka. « Quelque chose a changé. Les spécialistes doivent nous fournir des explications. Les autorités doivent prévenir des dégâts et anticiper », a-t-il confié.

Alors que la saison sèche est censée s’étendre de mai à août, les réalités climatiques sur le terrain deviennent de plus en plus imprévisibles. Les sinistrés attendent désormais des mesures d’urgence, non seulement pour soulager les victimes de cette pluie surprise, mais aussi pour renforcer les dispositifs d’alerte et d’adaptation face à une météorologie de plus en plus instable.

À Kinshasa, la saison sèche ne semble plus synonyme de répit. Elle commence désormais avec les pieds dans l’eau.

C. Timothée ÉZÉCHIEL


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