Mines & Ressources La RDC pourrait prolonger l’interdiction d’exporter du cobalt

La RDC pourrait prolonger l’interdiction d’exporter du cobalt

L'exploitation minière artisanale est courante en RD du Congo, une source de revenu pour plusieurs familles. @BBC News
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 20 JUIN 2025 - 22:23 WAT · 3 min de lecture

La République démocratique du Congo (RDC) envisage de prolonger l’interdiction temporaire d’exportation de cobalt, alors qu’elle cherche à mettre en place un système de quotas pour encadrer les expéditions de ce métal stratégique, ont rapporté jeudi plusieurs sources proches du dossier à l’agence Reuters.

Première productrice mondiale de cobalt — utilisé dans les batteries des véhicules électriques — la RDC avait imposé en février une suspension de quatre mois des exportations, afin de limiter la surabondance sur le marché et de soutenir les prix, tombés à leur plus bas niveau en neuf ans. Cette mesure arrive à échéance ce dimanche, mais Kinshasa souhaiterait disposer de plus de temps pour définir les modalités de répartition des quotas entre les entreprises minières opérant sur son sol.

La mise en place d’un système de quotas semble recueillir l’adhésion de certains acteurs majeurs du secteur. Glencore, deuxième plus grand producteur mondial de cobalt, soutient la démarche. En revanche, le groupe chinois CMOC, principal producteur mondial, milite pour la levée immédiate de l’interdiction, tout comme Eurasian Resources Group (ERG), autre acteur influent du secteur au Congo.

Selon Zack Hartwanger, responsable pour l’Afrique au sein de la société suisse Open Mineral, le gouvernement congolais serait divisé sur la question. « Certains responsables s’inquiètent des effets de l’interdiction sur les revenus publics, l’emploi et les chaînes d’approvisionnement informelles », a-t-il déclaré. « Il y a une tension réelle entre les objectifs de politique industrielle et les impératifs économiques », a-t-il ajouté. 

Ni le ministère des Mines, ni l’ARECOMS (Autorité pour la régulation et le contrôle des marchés stratégiques des substances minérales), chargée de la mise en œuvre des restrictions, n’ont répondu aux sollicitations de Reuters.

CMOC, de son côté, continue d’augmenter sa production dans ses deux sites miniers congolais, bien que la croissance du marché des véhicules électriques ralentisse et que la demande en cobalt fléchisse.

Avec des cours avoisinant actuellement les 10 dollars la livre (soit 22 000 dollars la tonne), le marché du cobalt reste sous pression. La décision du gouvernement congolais sur la prolongation ou non de l’interdiction est donc attendue avec attention, tant par les industriels que par les observateurs du secteur minier international.

Odon Bakumba

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