Climat et environnement Les activistes environnementaux exigent un moratoire sur l’exploitation pétrolière en RDC

Les activistes environnementaux exigent un moratoire sur l’exploitation pétrolière en RDC

Les activistes environnementaux exigent un moratoire sur l’exploitation pétrolière en RDC
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 29 OCTOBRE 2025 - 12:47 WAT · 3 min de lecture

Face à la destruction croissante de l’environnement causée par l’exploitation pétrolière en République démocratique du Congo, plusieurs organisations écologistes appellent à un moratoire national sur tout nouveau projet pétrolier et gazier.

Dans une déclaration rendue publique ce mardi 28 octobre 2025, ces activistes affirment que « le pétrole n’apporte pas des promesses, mais des problèmes ». À Muanda, citent-ils en exemple, l’exploitation pétrolière a ravagé les terres et compromis la pêche, principale source de subsistance locale.

« Après plusieurs décennies d’exploitation, cette ville côtière reste l’une des plus pauvres du pays, frappée par une pollution massive qui affecte les zones de pêche et d’agriculture, contamine l’eau et l’air. Les habitants en subissent les conséquences : pauvreté, maladies respiratoires, conflits et abandon des terres agricoles », dénoncent-ils.

Les activistes rappellent qu’un pays qualifié de “pays-solution” pour le climat ne peut pas devenir un “pays extracteur de crise”.

« Un pays qui détruit ses forêts, ses tourbières et ses communautés ne peut pas être un pays-solution. Le pétrole est la source du problème, pas la solution », insistent-ils.

La coalition “Notre Terre sans Pétrole” alerte également sur les risques humains que représente la ruée vers l’or noir : 39 millions de vies seraient directement menacées.

« Ces projets ne s’installent pas dans des zones vides. Ils recouvrent les territoires de 39 millions de personnes : pêcheurs du Kongo Central et du lac Albert, agriculteurs du Grand Équateur, communautés forestières de l’Ituri et de la Tshopo, peuples autochtones de la Cuvette centrale. Derrière chaque bloc pétrolier se cachent des villages, des écoles, des champs et des familles », avertit la coalition.

Pour ces défenseurs de l’environnement, les forêts et les lacs du pays sont bien plus qu’une ressource : ils sont la vie même des communautés.

« Nos forêts, nos lacs, c’est notre maison, notre pharmacie, notre école. Si elles disparaissent, c’est nous qui disparaissons. »

Ils rappellent enfin que la RDC abrite le plus grand complexe de tourbières tropicales du monde, capable de stocker près de 30 milliards de tonnes de carbone. Ces tourbières, associées aux forêts du bassin du Congo, constituent un pilier essentiel du climat mondial.

« Les détruire pour quelques années de production pétrolière reviendrait à anéantir des milliers d’années d’équilibre écologique », concluent-ils.

Azarias Mokonzi

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