Justice L’ex-patron de l’IGF Jules Alingete et le patron de Rawbank interdits quitter le territoire national
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L’ex-patron de l’IGF Jules Alingete et le patron de Rawbank interdits quitter le territoire national

Le procureur général près la Cour de cassation a ordonné l'interdiction de sortie du territoire de Mustafa Rawji (Rawbank), de l'ex-patron de l'IGF Jules Alingete et de six autres, dans une enquête pour corruption, faux et blanchiment. Aucune condamnation à ce stade.

Portrait de Jules Alingete, Kinshasa, RDC, octobre 2020. © Colin Delfosse pour JA
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 3 JUILLET 2026 - 15:33 WAT · 2 min de lecture

Le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, a ordonné l’interdiction de sortie du territoire national de Mustafa Rawji, directeur général de Rawbank, de l’ancien inspecteur général de l’Inspection générale des finances (IGF) Jules Alingete Key, et de six autres personnes. La mesure, adressée le 20 juin à la Direction générale de migration (DGM), s’inscrit dans une enquête judiciaire pour des faits présumés de corruption, de faux en écritures et de blanchiment de capitaux.

Selon le magistrat, l’interdiction vise à « garantir leur disponibilité pour les besoins de l’instruction » et à « empêcher qu’ils ne se soustraient aux poursuites » engagées contre eux. Outre Mustafa Rawji et Jules Alingete, la mesure concerne Mazhar, Uzair et Zain Rawji, ainsi que Kiala Ndombele, Nanu Mukawa, alias Nanu Alingete, et Jok Oga Ukelo. Les poursuites sont fondées sur les articles 147 bis, 148 et 124 du Code pénal, Livre II, et sur la loi du 27 décembre 2022 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Les profils visés donnent à l’affaire un retentissement particulier. Mustafa Rawji dirige Rawbank, première banque du pays. Jules Alingete a longtemps incarné, à la tête de l’IGF, le visage de la lutte anticorruption sous Félix Tshisekedi, avant son départ de l’institution en 2025. L’ancien pourfendeur des détournements se retrouve désormais parmi les personnes poursuivies.

Le dossier prolonge des accusations apparues depuis 2023 et 2024 autour de commissions qui auraient été versées par des sociétés du groupe Rawji, notamment dans le cadre d’un redressement fiscal de la banque, et qui ont donné lieu à des plaintes et à des enquêtes de presse. À ce stade, aucune des personnes visées n’a été condamnée, et la présomption d’innocence demeure entière. Ni Rawbank ni les intéressés n’ont réagi publiquement à la mesure.

L’interdiction de sortie du territoire est une mesure conservatoire, non une déclaration de culpabilité. Elle signale toutefois que l’instruction entre dans une phase active, conduite au sommet de la justice ordinaire, autour d’acteurs de premier plan de la finance et de l’appareil de contrôle de l’État.

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B
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