Droits humains GENOCOST : 1,2 million de victimes recensées, 4 000 indemnisées

GENOCOST : 1,2 million de victimes recensées, 4 000 indemnisées

Le 2 août, la RDC a commémoré la IVe édition du GENOCOST. Le FONAREV recense 1,2 million de victimes potentielles, dont 4 000 seulement homologuées. Mémoire et réparations, état des lieux.

GENOCOST : 1,2 million de victimes recensées, 4 000 indemnisées
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 10 AOÛT 2026 - 07:51 WAT · 3 min de lecture

Le 2 août, la RDC a commémoré la quatrième édition de sa journée nationale de mémoire. Derrière l’hommage, le Fonds des réparations mesure l’écart entre les victimes enregistrées et celles réellement prises en charge.

Le 2 août, au Mémorial du GENOCOST à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a présidé la cérémonie nationale de commémoration des victimes des violences liées aux conflits, marquée par un discours et la lecture solennelle d’un manifeste. La journée, décentralisée dans les vingt-six provinces et jusque dans les ambassades, était placée cette année sous le thème « Maintenant que tu sais, que fais-tu ? ». C’était la quatrième édition.

Derrière l’hommage, un chiffre dit l’ampleur de la tâche. « Plus de 1,2 million de victimes potentielles ont été enregistrées sur l’ensemble du territoire national. Parmi elles, 4 000 ont déjà été homologuées par la justice et intégrées sur la liste unique des bénéficiaires des réparations administratives », a détaillé Patrick Fata, directeur général du Fonds national des réparations des victimes (FONAREV), cité par Radio Okapi. Entre le million deux cent mille personnes recensées et les quatre mille déjà reconnues, l’essentiel du chemin reste à parcourir.

Le GENOCOST, contraction de « génocide » et du terme anglais « cost », désigne les crimes de masse commis en RDC, liés selon Kinshasa à l’exploitation des ressources du pays. La date du 2 août renvoie au déclenchement de la deuxième guerre du Congo, en 1998. La journée a été consacrée par l’article 28 de la loi du 26 décembre 2022 sur la protection et la réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes de crimes contre la paix, texte qui a aussi créé le FONAREV et la commission interministérielle chargée des victimes.

La commémoration 2026 s’inscrit dans une bataille de reconnaissance. La RDC a saisi la Cour internationale de justice contre le Rwanda sur le fondement de la convention de 1948 sur le génocide, et s’appuie sur le rapport Mapping des Nations unies, publié en 2010, qui recense les violations commises entre 1993 et 2003. Un conseil consultatif international, coprésidé par la militante congolaise Julienne Lusenge et le juriste britannique Howard Morrison, épaule le dispositif, et le récit du GENOCOST doit entrer dans les programmes scolaires.

La qualification de génocide reste contestée en dehors du pays. Le Rwanda y voit une « distorsion délibérée », selon les mots de son ministre des Affaires étrangères Olivier Nduhungirehe, et une partie de la presse internationale relève que le terme n’a, à ce jour, ni base juridique ni mécanisme judiciaire établi. Kinshasa en fait, à l’inverse, un pilier de sa diplomatie mémorielle.

Sur le terrain, les associations de victimes attendent des actes. « Cette commémoration doit ouvrir la voie à une véritable justice réparatrice, mise en œuvre dans le cadre d’un processus de justice transitionnelle », a plaidé Crispin Kobolongo, président national de l’ONG ACVDP. À Bunia, le coordonnateur provincial du FONAREV pour l’Ituri, Xavier Macky, a insisté sur l’enjeu de la journée : « Les crimes commis en République démocratique du Congo ne peuvent être ignorés, minimisés ni relégués dans l’oubli. » Reste à transformer la mémoire en réparations, pour le million deux cent mille personnes qui attendent encore d’être reconnues.

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B
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