Politique Lubero: 10 ans après, le M23 réinstalle des sujets Hutus, la société civile redoute des nouvelles violences
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Lubero: 10 ans après, le M23 réinstalle des sujets Hutus, la société civile redoute des nouvelles violences

Les Hutus réinstallés présentés à la population de Luofu
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 1 AOÛT 2025 - 18:35 WAT · 3 min de lecture

Depuis deux mois, les rebelles du M23, installent des sujets Hutus dans certains villages situés dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Ce jeudi 31 Juillet 2025, quelques familles ont été présentées à Luofu à la population locale par les responsables de cette rébellion.

La société civile qui a confirmé cette information à BETO.CD, redoute que ces personnes soient réellement de la communauté Hutu. Son président Muhindo Tafuteni, dénonce une transplantation d’un peuple inconnu à la recherche des terres.

« On présume qu’ils sont de la communauté Hutu. Mais vue le contexte actuel, nous doutons qu’ils soient de la communauté Hutu», a-t-il déclaré.

Il rappelle que certains Hutus membres des FDLR avaient libéré cette zone à la suite de la confrontation avec des milices locales de la communauté Nande. Muhindo Tafuteni craint que cette transplantation, ne puisse alimenter des violences et créer des conflits ethniques.

« Ces gens avaient quittés la zone suite à des tensions entre les FDLR auteurs de plusieurs violations des droits humains et certains groupes armés locaux. Là où sont installés ces populations, régnaient en mettre les FDLR. Même les Hutus qui fuyaient ici, ne se dirigeaient jamais vers les installations de la MONUSCO, mais ils se dirigeaient dans des campements des FDLR », a-t-il rappelé, en redoutant d’une nouvelle série de tensions ethniques.

« Leur présence dans la zone donne lieu que ça va faire monter des tensions à caractère ethnique et ça peut faire objet d’une nouvelle guerre dans la zone, même après la signature des différents accords», a-t-il dit.

Pour Tafuteni, cette stratégie vise à intensifier le confit ethnique dans le territoire de Lubero. Il appelle à l’encadrement du retour des réfugiés, comme justifie le M23 cette transplantation afin d’éviter des agendas basés sur des violences dans l’avenir.

« Leur présence a un volet ethnique pour justifier la présence des rebelles du M23. Le HCR et le CIR doivent être associés dans cette opération. Aussi le retour est volontaire et en réalité pacifique, mais derrière cette opération nous voyons des violences dissimulées », a-t-il laissé entendre.

La société civile appelle à l’implication de la communauté internationale pour éviter des violences. « La communauté internationale, doit s’impliquer dans ce dossier. Elle doit prendre ses responsabilités, car le HCR est habilité pour gérer la question. L’accord avec le Rwanda doit être respecté. Nous avons la crainte que ce phénomène puisse créer des tensions dans la zone. Bon, ces populations s’installent dans des maisons des personnes qui avaient fuit la guerre, ils occupent des champs d’autrui. C’est un problème qui doit être réglé plus vite », a insisté notre source.

C’est depuis 10 ans que plusieurs membres de la communauté Hutu avaient quitté cette zone à la suite des violences avec d’autres communautés. Ces populations sont réinstallées à Tema, Itala, Mbwavinywa, Luhanga, Kyuto, Pitakongo, et Lutalika.

Azarias Mokonzi

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