Santé L’usage excessif de l’IA réduit l’activité cérébrale, selon une étude du MIT
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L’usage excessif de l’IA réduit l’activité cérébrale, selon une étude du MIT

Un utilisateur de ChatGPT. ©️Shutterstock
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 1 JUILLET 2025 - 13:37 WAT · 3 min de lecture

Une étude du MIT révèle que l’usage excessif de l’intelligence artificielle, comme ChatGPT, pourrait réduire nos capacités cognitives, en affaiblissant mémoire et pensée critique.

Une récente étude du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) met en garde contre les effets inattendus de l’intelligence artificielle sur notre cerveau. Alors qu’elle est saluée comme un assistant précieux, capable de rédiger, reformuler, résumer ou corriger en un temps record, l’IA pourrait, à long terme, nous rendre moins intelligents.

Les chercheurs ont mené une expérience sur 54 participants, répartis en trois groupes : le premier rédigeait des textes avec l’aide de ChatGPT, le second utilisait un moteur de recherche classique, tandis que le troisième se fiait uniquement à sa propre réflexion. Les résultats sont sans appel : le groupe ayant travaillé avec ChatGPT a obtenu les scores les plus faibles, tant sur la qualité de l’écriture que sur la compréhension et la mémorisation des textes produits. Plus frappant encore, 83 % des participants utilisant l’IA étaient incapables de se souvenir d’une seule phrase écrite.

Un cerveau en veille

Les scanners cérébraux (EEG) ont révélé une activité réduite, notamment au niveau des ondes thêta, essentielles à la mémoire et à l’apprentissage. Selon les chercheurs, l’intelligence artificielle provoque un « déchargement de la pensée humaine » : lorsque l’IA exécute la tâche à notre place, notre cerveau entre en veille.

Une étude conjointe de Microsoft et Carnegie Mellon évoque même un risque « d’atrophie des muscles cognitifs » chez les travailleurs dépendants de l’IA. En clair, moins on fait travailler son cerveau, plus il s’affaiblit, à l’image d’un muscle non entraîné qui perdrait en force et en endurance.

Un usage à encadrer

Pour autant, la chercheuse Nataliya Kosmyna, auteure principale de l’étude, appelle à la nuance. Il ne s’agit pas de diaboliser l’intelligence artificielle mais d’apprendre à l’utiliser comme un tremplin et non comme une béquille. Car contrairement à un moteur de recherche qui impose un effort de sélection, d’analyse et de synthèse, ChatGPT propose des réponses déjà formulées et prêtes à l’emploi, ce qui réduit l’exercice de la pensée critique.

Si l’intelligence artificielle peut constituer un outil puissant pour soutenir la productivité et la créativité, son usage systématique comporte un risque : celui d’aboutir à une pensée homogène, lissée, dépourvue de relief et de créativité véritable.

Un équilibre à trouver

L’enjeu, selon les chercheurs, n’est donc pas d’interdire ou de craindre l’IA, mais de réapprendre à s’en servir intelligemment. Intégrer ses capacités dans l’éducation, le travail ou la création doit s’accompagner d’un effort personnel : celui de continuer à réfléchir, d’accepter la lenteur et le doute comme partie intégrante de l’apprentissage.

En somme, l’IA peut être un formidable partenaire, à condition de ne pas oublier l’essentiel : c’est en utilisant notre cerveau que nous restons intelligents.

Odon Bakumba

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