RDC : avec 381 cas confirmés et 63 décès, le gouvernement note une progression de la riposte contre Ebola
RDC : avec 381 cas confirmés et 63 décès, le gouvernement note une progression de la riposte contre Ebola
AFP
Vingt jours après la déclaration officielle de l’épidémie de la maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo, le gouvernement affirme avoir renforcé considérablement les capacités de dépistage et de prise en charge des malades, tout en appelant la population à ne pas céder aux rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux. Ces assurances ont été données jeudi à Kinshasa lors d’un briefing spécial coanimé par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et son collègue de la Santé publique, le Dr Roger Samuel Kamba.
Selon les dernières données communiquées par le ministre de la Santé, la République démocratique du Congo compte actuellement 381 cas confirmés d’Ebola répartis dans trois provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. L’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie avec près de 95 % des infections enregistrées.
Roger Kamba a tenu à démentir les informations faisant état d’une propagation généralisée de la maladie à travers le pays.
« Aucun cas n’a été signalé en dehors de ces trois provinces », a-t-il affirmé, invitant la population à se référer exclusivement aux données officielles.
Depuis le début de l’épidémie, 63 décès ont été recensés, soit un taux de létalité inférieur à 17 %. Les autorités expliquent cette situation par les caractéristiques de la souche Bundibugyo, réputée moins meurtrière que la souche Zaïre qui a provoqué plusieurs flambées épidémiques dans le passé.
Malgré cette évolution jugée encourageante, il a laissé entendre que le gouvernement reste préoccupé par la situation au Nord-Kivu, où le taux de mortalité demeure relativement élevé. Les experts estiment que plusieurs cas n’auraient pas été détectés suffisamment tôt, retardant ainsi leur prise en charge médicale.
Parallèlement, environ 233 personnes sont actuellement suivies dans différentes structures sanitaires. Certaines sont placées en observation dans l’attente des résultats de laboratoire tandis que d’autres bénéficient déjà d’un traitement après confirmation de leur infection.
Sur le plan opérationnel, la riposte s’appuie désormais sur un dispositif de dépistage renforcé. Grâce à l’extension du réseau de laboratoires et à l’acquisition de nouveaux équipements, les résultats des analyses sont désormais disponibles en moins de 24 heures.
Roger Kamba indique avoir reçu plus de 4 000 kits de dépistage fournis notamment par l’Africa CDC ainsi que d’autres partenaires internationaux. Un nouveau laboratoire a également été installé à Mongwalu, en Ituri, afin de rapprocher les services de diagnostic des zones les plus affectées.
Le suivi des personnes ayant été en contact avec les malades connaît également une amélioration significative. Le taux de traçage est passé d’environ 9 % au début de l’épidémie à plus de 55 % aujourd’hui. À en croire le ministre de la Santé, le gouvernement ambitionne d’atteindre rapidement 90 %, considéré comme un seuil déterminant pour interrompre les chaînes de transmission.
À ce jour, 25 zones de santé sont touchées par l’épidémie, dont 17 en Ituri, sept au Nord-Kivu et une au Sud-Kivu.
Il assure enfin que les centres de traitement disposent des équipements nécessaires pour protéger le personnel médical et garantir une prise en charge adéquate des patients. Elles réaffirment leur engagement à poursuivre les efforts afin de contenir la propagation de la maladie et de protéger les populations exposées.
Rédaction
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