Justice Meurtre des experts de l’ONU: HRW appelle à poursuivre les commanditaires et à abolir la peine de mort
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Meurtre des experts de l’ONU: HRW appelle à poursuivre les commanditaires et à abolir la peine de mort

Meurtre des experts de l’ONU: HRW appelle à poursuivre les commanditaires et à abolir la peine de mort
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 29 JUIN 2026 - 17:19 WAT · 3 min de lecture

La condamnation en appel du colonel Jean de Dieu Mambweni dans l’affaire du meurtre des experts de l’ONU Zaida Catalán et Michael J. Sharp est saluée par Human Rights Watch. Cette organisation internationale des droits humains appelle toutefois les autorités congolaises à poursuivre les enquêtes jusqu’aux plus hauts responsables impliqués et à abolir la peine de mort.

Dans un point de vue publié ce lundi 29 juin après le verdict rendu le 5 juin par la Haute Cour militaire siégeant à Kinshasa, Ida Sawyer, directrice de la division Crises, conflits et armes de Human Rights Watch, estime que cette décision constitue une avancée importante dans la lutte contre l’impunité. Elle souligne qu’il s’agit de la première fois qu’un tribunal reconnaît la responsabilité d’un officier supérieur dans la planification des assassinats des deux experts des Nations unies, enlevés et exécutés en mars 2017 alors qu’ils enquêtaient sur les massacres au Kasaï-Central.

Le jugement met un terme à une procédure judiciaire ouverte il y a neuf ans devant un tribunal militaire de Kananga. Outre le colonel Mambweni, 53 membres présumés de la milice Kamuina Nsapu ont été condamnés à la peine de mort. Parmi les accusés, 27 étaient présents au procès, 22 ont été jugés par contumace et cinq étaient déjà décédés.

Toutefois, Ida Sawyer estime que cette décision ne suffit pas à établir toute la vérité. Elle appelle les autorités congolaises à poursuivre les investigations afin d’identifier et de traduire en justice toutes les personnes impliquées, y compris celles qui se trouveraient plus haut dans la chaîne de commandement.

« Ce qui manque encore, c’est l’arrestation et la poursuite de ceux qui se trouvent plus haut dans la chaîne de commandement. Nous croyons que le colonel Mambweni n’aurait pas pu organiser un tel crime de sa propre autorité », a déclaré John Sharp, père de Michael J. Sharp, cité par Human Rights Watch.

Les familles des deux victimes, tout en saluant le verdict, réaffirment leur opposition à la peine de mort. Human Rights Watch rappelle que, bien que la RDC n’ait procédé à aucune exécution depuis 2003, le moratoire de fait sur la peine capitale a été levé en 2024.

La Directrice de la division Crises, conflits et armes de Human Rights Watch réitère son opposition à cette sanction, qu’elle juge « cruelle et irréversible », et appelle les autorités congolaises à l’abolir.

Par ailleurs, Human Rights Watch souligne que plusieurs zones d’ombre persistent, notamment concernant le sort de l’interprète congolais et des conducteurs de motos qui accompagnaient Zaida Catalán et Michael J. Sharp et qui sont toujours portés disparus.

Pour Ida Sawyer, seule une enquête approfondie, menée jusqu’au plus haut niveau de responsabilité et permettant d’établir le sort des personnes disparues, permettra que justice soit pleinement rendue.

Rédaction

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