Politique Nord-Kivu : Enquêtes réclamées après le massacre de près de 300 civils à Rutshuru attribué au M23
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Nord-Kivu : Enquêtes réclamées après le massacre de près de 300 civils à Rutshuru attribué au M23

Nord-Kivu : Enquêtes réclamées après le massacre de près de 300 civils à Rutshuru attribué au M23
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 4 AOÛT 2025 - 11:18 WAT · 3 min de lecture

Des massacres de grande ampleur sont signalés depuis le 11 juillet 2025 dans le territoire de Rutshuru, en province du Nord-Kivu. Dans une déclaration rendue publique ce dimanche 3 août 2025, le Conseil territorial de la jeunesse affirme avoir documenté au moins 296 cas de tueries à ce jour, imputés aux rebelles du M23.

Selon cette structure, les victimes ont été exécutées dans leurs champs par les éléments du M23, qui les accusaient d’appartenir aux FDLR, un groupe armé rwandais que Kigali considère comme génocidaire. « Ces exécutions ont été justifiées, selon les assaillants, par de prétendues affiliations des victimes aux FDLR, une accusation non prouvée mais utilisée comme prétexte pour ce massacre », indique le Conseil territorial de la jeunesse de Rutshuru.

Les témoignages font état d’exécutions sommaires d’hommes, de femmes et d’enfants, certains ligotés, d’autres torturés avant d’être abattus. D’autres encore ont été tués dans leurs abris de fortune incendiés par les rebelles. Selon une rescapée, qui a requis l’anonymat, les rebelles avaient encerclé les champs et bloqué toutes les issues :

« Ils ont encerclé tous nos champs. Après nous avoir ligotés et torturés, ils ont ouvert le feu sur mes frères. J’ai eu le courage de m’enfuir, mais une balle a atteint mon bras gauche. J’ai été sauvée de justesse, mais tous mes frères et enfants ont été sauvagement massacrés », a-t-elle raconté.

Les rebelles n’ont épargné ni les enfants, ni les femmes. Les localités les plus touchées sont Kiseguro, Katwiguru, Kisharo, Bsesa, Congo, Kigaligali, Nyabanira, Gasave et Kohito, précisément dans la zone de Nyerengé. Des corps sans vie ont été jetés dans la rivière Rutshuru, d’autres brûlés dans leurs abris improvisés, tandis que plusieurs cadavres non enterrés se décomposent à l’air libre, devenant la proie des charognards.

Face à l’ampleur des crimes, le Conseil territorial de la jeunesse de Rutshuru dénonce avec vigueur ce qu’il qualifie de crimes contre l’humanité et de violations graves du droit international humanitaire. Il appelle la communauté internationale à diligenter, dans l’urgence, une enquête internationale indépendante afin d’établir les responsabilités.

La jeunesse de Rutshuru exige par ailleurs l’imposition de sanctions ciblées contre les auteurs de ces atrocités, ainsi que la mise en place immédiate d’un mécanisme de protection des civils dans les zones actuellement sous contrôle du M23, notamment Binza, Bwisha et Bwito.

Azarias Mokonzi

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