Nord-Kivu : l’armée attribue la recrudescence des massacres à des représailles des ADF
Un camion de marque Fuso incendié par les ADF
AFP
Alors que des voix de la société civile dénoncent le laxisme des services de sécurité face au regain des massacres dans les territoires de Beni et Lubero, l’armée congolaise affirme que ces violences sont la conséquence directe des représailles des ADF, acculés par les opérations militaires en cours.
« Les Forces armées de la République démocratique du Congo condamnent avec la plus grande fermeté les récentes attaques terroristes des ADF. Traqués en profondeur et désorientés par la manœuvre des forces loyalistes, ils se vengent lâchement sur la population civile », a déclaré le lieutenant Marc Elongo, réitérant l’engagement des FARDC à mettre un terme à ces violences.
Le week-end dernier, les ADF ont tragiquement exécuté 45 civils dans le secteur de Bapere, territoire de Lubero. En mémoire de ces victimes, la société civile locale a décrété une journée de deuil ce lundi 18 août 2025.
« Nous pleurons nos compatriotes massacrés dans le groupement de Bapaitumba. Avec l’appui du gouvernement provincial, des équipes de la Croix-Rouge procèdent à l’inhumation des corps. Nous avons déjà recensé plus de 40 victimes », a déploré Samuel Kakule Kaheni, président de la société civile de Bapere.
Il appelle le gouvernement central à renforcer les capacités opérationnelles des FARDC afin d’éviter la répétition de tels drames. « Nous insistons sur un appui logistique et opérationnel, notamment l’envoi de commandos, qui pourrait changer la donne sur le terrain », a-t-il souligné.
Les derniers massacres ont particulièrement touché les villages de Melia, Kenge et Mutaweza, où la population vit désormais dans une peur permanente.
Azarias Mokonzi