RDC : Alexis Gisaro mise sur les corridors économiques et les partenariats privés pour transformer les villes
RDC : Alexis Gisaro mise sur les corridors économiques et les partenariats privés pour transformer les villes
AFP
Le ministre d’État en charge de l’Urbanisme et Habitat, Alexis Gisaro Muvunyi, a présenté, mercredi 8 avril, une nouvelle stratégie pour moderniser les villes de la République démocratique du Congo, axée sur la planification, les corridors économiques et les partenariats avec le secteur privé, selon la cellule de communication du ministère de l’Urbanisme et Habitat.
Face à une urbanisation galopante, marquée par l’arrivée de plus d’un million de nouveaux citadins chaque année, le gouvernement entend rompre avec un modèle qu’il qualifie de « vicieux », caractérisé par une croissance non planifiée, l’expansion des quartiers précaires et des difficultés persistantes de financement des infrastructures.
Dans son allocution, le ministre a dressé un constat sans équivoque : « ce modèle est insoutenable, tant socialement que financièrement ». Il a ainsi plaidé pour un passage vers une planification anticipative, capable d’encadrer efficacement l’expansion urbaine, toujours selon la cellule de communication du ministère.
Au cœur de cette réforme figure un Plan décennal couvrant la période 2026-2035. Celui-ci prévoit notamment l’élaboration de plans directeurs d’urbanisme pour les 26 chefs-lieux de province avant toute extension majeure. Ces outils intégreront des technologies modernes, notamment les systèmes d’information géographique et les jumeaux numériques, afin d’anticiper les besoins et les risques liés à l’urbanisation.
Par ailleurs, le développement de corridors économiques structurants constitue un autre pilier majeur de cette stratégie. Inspirés notamment du projet du Corridor de Lobito, ces axes ne se limiteront pas au transport, mais serviront de véritables moteurs de transformation économique.
Il prévoit ainsi de développer une dizaine de villes secondaires le long de ces corridors, en les spécialisant dans des secteurs clés tels que la transformation minière, la logistique, l’agro-industrie ou encore la production de matériaux de construction. L’objectif est de créer des écosystèmes économiques intégrés, capables de générer de la valeur ajoutée localement et de favoriser l’émergence d’une classe moyenne régionale.
Conscient des limites des finances publiques, l’exécutif congolais mise également sur les partenariats public-privé (PPP). « L’État ne peut pas tout financer », a insisté le ministre, plaidant pour une approche orientée vers le marché, indique la cellule de communication du ministère de l’Urbanisme.
Cette orientation se matérialise notamment à travers le projet Kinshasa Kia Mona, une extension planifiée de la capitale sur 43 000 hectares. Ce projet ambitieux prévoit la création de 1 200 usines en cinq ans et jusqu’à 2,25 millions d’emplois directs sur une décennie.
Le modèle repose sur l’attribution de concessions foncières à des investisseurs privés, en contrepartie du financement et de la réalisation d’infrastructures urbaines et industrielles. À terme, ce programme pourrait accueillir près de 5 millions d’habitants et mobiliser environ 50 milliards de dollars d’investissements.
À travers ces réformes, la RDC ambitionne de transformer le « cercle vicieux » de l’urbanisation en un « cercle vertueux », fondé sur la planification, l’investissement privé et la croissance économique. « On ne subit pas l’urbanisation, on l’anticipe et on la finance », a résumé le ministre.
Présente à Nairobi pour ces échanges, la délégation congolaise a réaffirmé sa volonté de partager son expérience et de s’inspirer des meilleures pratiques africaines, en vue de bâtir des villes « résilientes, inclusives et autofinancées ».
Rédaction
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