Nord-Kivu : Près de 980 000 nouveaux déplacés depuis janvier 2025, selon l’OCHA
Nord-Kivu : Près de 980 000 nouveaux déplacés depuis janvier 2025, selon l’OCHA
AFP
Les statistiques indiquent que les femmes représentent 51 % de cette population déplacée, confirmant la forte vulnérabilité des ménages face aux violences et aux attaques récurrentes.
Des déplacements causés quasi exclusivement par les violences armées
Au cours des trois derniers mois, 100 % des déplacements ont été provoqués par des attaques et affrontements armés. Les catastrophes naturelles ou conflits fonciers intercommunautaires n’ont pratiquement pas contribué à cette vague de mouvements.
Beni, Rutshuru et Masisi en première ligne
Les territoires les plus touchés sont :
Beni, avec 102 000 déplacés (37 %) ;
Rutshuru, avec 96 000 déplacés (35 %) et 82 000 personnes retournées (75 % des retours) ;
Masisi, avec 57 000 déplacés (21 %) et 19 000 personnes retournées (18 %).
D’autres zones comme Lubero (18 000), Butembo (7 000) et Walikale (4 000) ont également enregistré des mouvements, mais dans des proportions moindres.
L’écrasante majorité des déplacés, soit 99 % (273 600 personnes), trouve refuge auprès de familles d’accueil. Seuls 1 % (3 700 personnes) vivent dans des sites ou centres collectifs officiellement gérés par la Commission nationale pour les réfugiés (CNR), la DIVAS, le HCR et l’OIM.
Les chiffres publiés par l’OCHA résultent d’un travail collaboratif entre divers acteurs humanitaires. Deux principales sources alimentent ces données :
- Les comptages réalisés dans les sites de déplacés, où l’assistance humanitaire est régulièrement fournie.
- Les estimations issues des familles d’accueil, basées sur des enquêtes auprès d’informateurs clés, des groupes de discussion, des évaluations multisectorielles des besoins et la Displacement Tracking Matrix (DTM).
L’OCHA rappelle que ces données, validées par les Commissions Mouvements de Population (CMP) au niveau provincial, concernent les personnes déplacées recensées sur les 24 derniers mois et les retournés évalués au cours des 18 derniers mois.
Une situation humanitaire toujours préoccupante
Alors que les violences se poursuivent, la province du Nord-Kivu reste l’épicentre de la crise humanitaire en RDC.
La dépendance aux familles d’accueil montre une résilience remarquable des communautés locales, mais accentue également la pression sur des ménages déjà fragilisés par l’instabilité et la pauvreté chronique.
Christian Okende
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