Politique Assassinat de Vally Amisi : les incroyables révélations de Mukena Mwepu Benie après son arrestation à Brazzaville

Assassinat de Vally Amisi : les incroyables révélations de Mukena Mwepu Benie après son arrestation à Brazzaville

Dans la vidéo de son interrogatoire par la police de Brazzaville, l’homme interpellé le 2 août reconnaît le meurtre de Vally Amisi et dit avoir agi sur instruction de « quelqu’un de très haut placé ». Il ne donne aucun nom.

Assassinat de Vally Amisi : les incroyables révélations de Mukena Mwepu Benie après son arrestation à Brazzaville
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 3 AOÛT 2026 - 19:02 WAT · 4 min de lecture

L’homme interpellé à Brazzaville le 2 août 2026 dans l’enquête sur la mort de Vally Amisi reconnaît le meurtre et affirme avoir agi sur ordre. Dans la vidéo de son interrogatoire par la police congolaise de Brazzaville, un enquêteur lui demande si l’acte a été commis sur instruction. Il répond : « Oui, sur instructions de quelqu’un de très haut placé ». Il ne donne aucun nom.

Mukena Mwepu Benie décrit d’abord un rôle d’accompagnateur. « Moi, le but était juste de l’amener dans l’appartement. Et il y avait des gens bien avant moi », dit-il. Des personnes se trouvaient donc déjà sur place quand il y a conduit Vally Amisi. Son interpellation avait été annoncée la veille par le ministre de la Justice.

Une arme remise, dont il dit ignorer la nature

L’enquêteur revient sur l’arme employée. « Tu as dit que tu l’as tué avec une arme… c’est lequel ? », demande-t-il. La réponse écarte toute connaissance technique et toute origine : « On m’avait juste donné ça. Je ne suis pas spécialiste en armes, on m’avait juste donné ça ».

Sur le sort du corps, l’homme interpellé se dessaisit de la suite des opérations. « Il n’était pas enterré. Moi-même, je ne sais pas. Des gens sont venus, ils ont pris », déclare-t-il. Le corps d’Amisi Issa Vally a été retrouvé dans la nuit du 9 au 10 avril 2026 aux abords de l’immeuble Renaissance, dans la commune de la Gombe à Kinshasa.

Il refuse de nommer, et dit pourquoi

Le passage le plus tendu de l’échange porte sur l’identité des personnes impliquées. « J’ai peur de parler parce que ces gens-là… Ma famille est à Kinshasa », dit-il, laissant sa phrase inachevée. L’enquêteur tente de le rassurer sur le lieu où il se trouve : « Tu n’as pas peur, tu es à la police ici. Tu es dans mon bureau ».

Le refus tient jusqu’au bout de la séquence. Ni les fournisseurs de l’arme, ni les personnes présentes dans l’appartement, ni la personne haut placée que Mukena Mwepu Benie évoque ne sont désignées. Aucune identité n’est prononcée devant la police de Brazzaville, alors que l’enquête ouverte le 14 avril à Kinshasa avait déjà conduit à l’interpellation de plusieurs personnes en contact avec lui.

Ce que l’enquête avait établi avant cette séquence

Vally Amisi, de son nom complet Amisi Issa Vally, était vice-président du club Nouvelle Vie Bomoko FC et opérateur sportif établi en Afrique du Sud. Selon les premiers éléments rapportés, il avait été enlevé par des hommes armés non identifiés avant d’être tué par balles.

Le 14 avril, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux Guillaume Ngefa Atondoko annonçait l’ouverture d’une enquête judiciaire et la saisine du parquet. Plusieurs personnes en contact avec le suspect avaient déjà été interpellées à ce stade.

Quatre mois séparent la découverte du corps de l’interpellation de Brazzaville. En annonçant celle-ci le 2 août, le ministre a précisé le cadre du transfèrement vers Kinshasa : « Les procédures de transfèrement sont en cours, menées dans le strict respect des lois de la République, des droits fondamentaux et du principe de la présomption d’innocence ».

Ces déclarations ont été faites à Brazzaville, en République du Congo, devant une police qui n’instruit pas le dossier. Elles devront être reprises devant le juge congolais, seul à décider de ce qu’elles établissent, une fois le transfèrement annoncé le 2 août par Guillaume Ngefa Atondoko effectué. Le nom que Mukena Mwepu Benie refuse de prononcer à Brazzaville reste le point que l’instruction devra trancher à Kinshasa.

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…