« Nous ne voulons pas être les receleurs » : auprès de Félix Tshisekedi, les eurodéputés évoquent l’arrêt du partenariat avec le Rwanda
« Nous ne voulons pas être les receleurs » : auprès de Félix Tshisekedi, les eurodéputés évoquent l’arrêt du partenariat avec le Rwanda
AFP
Alors que Goma et Bukavu sont toujours sous occupation des M23 et des militaires rwandais, à Kinshasa, le Président de la République multiplie des audiences, cherchant des voies diplomatiques pour venir à bout de cette crise. Si jeudi, il avait reçu l’ambassadeur de l’Union européenne en RDC, Félix Tshisekedi s’est entretenu hier vendredi avec une délégation de députés européens, membres du groupe des Patriotes du Rassemblement national.
Dans le bureau du chef de l’État sur les hauteurs de la capitale congolaise, ils ont, selon les sources de la Présidence, discuté de quelques avancées diplomatiques dans la voie d’une résolution de la crise dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC). Il s’agissait notamment des sanctions contre le Rwanda, l’arrêt du partenariat voire de l’aide au développement de certains pays européens avec Kigali.
« Cet accord n’a aucune traçabilité garantie », a lancé Thierry Mariani, chef de cette délégation de la Commission européenne, évoquant le protocole d’accord signé entre l’Union européenne (UE) et le Rwanda sur l’approvisionnement en minerais stratégiques.
« Chacun sait que les ressources géologiques du Rwanda ne sont pas les mêmes que celles de la RDC et chacun se doute que ce sont des minerais volés. En tant que parlementaires européens, nous ne voulons pas être les receleurs d’un voleur ni les complices d’un massacre et d’une invasion. On a présenté au Président une solution technique qui permettrait d’assurer la traçabilité des minerais et qui ferait en sorte qu’on saurait clairement qui est le vrai propriétaire », a déclaré le Français.
Des actes qui suivent les résolutions
Dans la foulée, ce dernier s’est félicité du fait que l’Allemagne, les États-Unis, l’Angleterre et les Nations Unies ont montré la voie au sujet des sanctions prises ou à prendre contre Kigali. « L’Union européenne ne peut pas rester la dernière entité à ne pas prendre des sanctions. Si on veut arrêter l’agression dont la RDC est victime, il faut qu’il y ait des actes qui suivent les résolutions », a-t-il fait savoir.
Aussi, a-t-il évoqué la nature des relations que devraient entretenir la France et la RDC, premier pays francophone. En effet, avec près de 50 millions de locuteurs, la RDC est la plus grande nation francophone au monde après la France. Et Kinshasa, sa capitale, est la plus grande ville francophone du monde juste devant Paris.
« Avec l’Afrique, il faut arriver à de nouveaux rapports. Et la RDC est l’exemple type de pays avec lequel la France pourrait avoir des rapports plus avancés, plus bénéfiques pour les deux, alors qu’aujourd’hui on voit très bien que notre pays a une sorte de chouchou, de favori dans votre région et que celui-ci se sent tout permis », a renchéri l’eurodéputé d’origine française.
Présent à cette audience, le 1er vice-President de l’Assemblée nationale, Jean-Claude Tshilumbayi, s’est dit satisfait de la visite du groupe de députés européens qu’il considère comme des amis du Congo. « Ils ont soutenu le Congo, ils ont accompagné les démarches au plan diplomatique, ils ont été avec nous dans toutes les batailles, y compris dans des manifestations publiques que nos compatriotes ont tenues à Bruxelles et à Paris pour faire entendre la voix de la RDC », a-t-il relevé.
Odon Bakumba
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