BTP & Infrastructures Pont Semuliki : les camions de plus de 10 tonnes interdits, quelques mois après la réhabilitation

Pont Semuliki : les camions de plus de 10 tonnes interdits, quelques mois après la réhabilitation

Une note circulaire du gouverneur du Nord-Kivu signée le 31 octobre 2026 suspend la circulation des camions de plus de 10 tonnes sur le pont Semuliki, après un rapport de l’Office des Routes faisant état d’un risque d’effondrement. L’ouvrage venait d’être réhabilité. Il relie Kasindi-Lubirigha à Beni et Butembo.

Embouteillage causé par des camions remorques stationnés devant la Minoterie de Kinshasa (Minokin) le 01/04/2013 attendant leurs déchargements. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 3 NOVEMBRE 2026 - 17:21 WAT · 3 min de lecture

Le gouverneur du Nord-Kivu, le général Évariste Kakule Somo, a suspendu temporairement la circulation des camions de plus de 10 tonnes sur le pont Semuliki, dans le territoire de Beni. La mesure figure dans une note circulaire signée le samedi 31 octobre 2026.

Elle s’appuie sur un rapport technique de l’Office des Routes qui fait état d’un risque d’effondrement. L’ouvrage présente des signes de dégradation quelques mois seulement après sa réhabilitation par le même Office des Routes, avec l’appui logistique de la MONUSCO. Selon les techniciens, la cause serait le non-respect des charges autorisées par certains transporteurs, et ils recommandent un renforcement des contrôles de tonnage à l’entrée du pont.

Les camions visés sont désignés sous le nom de « Body Box ». Certains de leurs châssis ont été modifiés localement et peuvent atteindre 25 à 30 mètres de longueur.

Le pont enjambe la rivière Semuliki et relie Kasindi-Lubirigha à Beni et à Butembo. Kasindi-Lubirigha est une cité frontière et le principal point de liaison commerciale avec l’Ouganda. Le gouverneur justifie la mesure par la volonté d’éviter un effondrement qui perturberait les échanges commerciaux et le transport sur cet axe.

C’est la troisième alerte sur ce même point du territoire en un mois. Le 6 octobre, les autorités provinciales ont interdit l’usage de l’eau de la Semuliki à Kasindi-Lubirigha après la découverte de carcasses d’hippopotames attribuées au charbon bactérien. Sur le plan sanitaire, l’aire de santé de Kasindi comptait en octobre neuf cas d’Ebola et quatre décès, sans centre de transit ni centre de traitement à l’hôpital de référence, et l’Organisation mondiale de la santé a depuis appuyé deux centres d’isolement à Kasindi face à la souche Bundibugyo, du nom de la localité ougandaise voisine.

La note circulaire ne fixe ni date de fin, ni conditions de levée de l’interdiction. La partie exactement endommagée de l’ouvrage n’est pas décrite, aucun chiffre de trafic ou de perte commerciale n’est communiqué, et les techniciens de l’Office des Routes ne sont pas nommés. La Mettelsat a placé l’est du pays en vigilance critique pour décembre, avec des pluies supérieures de 30 à 40 % à la normale.

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