Maniema : le premier vol cargo Dar es Salaam–Kindu ouvre une route de désenclavement par les airs
Le 17 juin, un Boeing 737 de MASCO Airline a relié Dar es Salaam à Kindu via Kisangani. Pour le Maniema enclavé, ce premier vol cargo ouvre une route commerciale vers la Tanzanie.
Maniema : le premier vol cargo Dar es Salaam–Kindu ouvre une route de désenclavement par les airs
AFP
Le 17 juin, un Boeing 737 série 200 de la compagnie MASCO Airline s’est posé à l’aéroport de Kindu sous les acclamations d’une foule. À son bord, des marchandises diverses et, pour le Maniema, la concrétisation d’une attente ancienne : le premier vol cargo reliant Dar es Salaam à Kindu, via Kisangani, vient d’ouvrir une liaison aérienne vers une province longtemps tenue à l’écart des grands axes.
Le Maniema souffre de longue date d’un déficit de connectivité qui freine son économie et son accès aux marchés. La nouvelle liaison est présentée comme une alternative concrète pour désenclaver la province par voie aérienne, et comme l’amorce d’une coopération commerciale avec la Tanzanie voisine.
La Fédération des entreprises du Congo y voit un premier soulagement. « C’est un ouf de soulagement. Nous avons sollicité ce pont aérien Dar es Salaam–Kindu, c’est parce que la province du Maniema est totalement enclavée. Nous espérons qu’avec ce vol inaugural, nous avons désenclavé la province du Maniema sur le plan aérien », a déclaré son représentant, Waswalila Ntonge.
Les autorités provinciales misent sur les débouchés commerciaux, à commencer par l’évacuation des minerais. « En tout cas, nous sommes très contents. Le Maniema vient d’être désenclavé. Nous allons accompagner cette initiative afin d’exporter les minerais entreposés ici vers la Tanzanie. Cela facilitera aussi le travail de nos négociants qui n’auront plus de difficultés pour évacuer leurs produits », a affirmé le vice-gouverneur, Corneille Katisamba.
Côté transporteur, MASCO Airline conditionne la montée en puissance à la demande. Son directeur général, Georges Oyema, vise jusqu’à deux rotations par jour. « J’ai promis, je l’ai fait. Avec l’appui des autorités nationales et provinciales ainsi que l’accompagnement de toute la population du Maniema, nous allons aller de l’avant. Nous tablons sur au moins deux vols par jour. La question n’est pas celle des avions, car ils existent, mais celle de la disponibilité du fret. Plus il y aura de fret, plus il y aura de vols », a-t-il assuré.
Reste l’épreuve des prix. La régularité des vols pourrait abaisser les coûts de transport et améliorer l’approvisionnement des marchés de Kindu, à condition que le fret suive. Radio Okapi rapportait en avril un tarif fixé à 2,5 dollars le kilo entre Kindu et Dar es Salaam. La portée réelle de cette ouverture se lira moins dans la cérémonie d’inauguration que dans le carnet de rotations des prochaines semaines.

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