RDC–Congo : relance des opérations conjointes de gestion des frontières à Oyo
Jacquemain Shabani au Congo-Brazaville PHOTO DROITS MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR
AFP
La ville d’Oyo, au nord du Congo-Brazzaville, accueille depuis ce lundi 28 juillet 2025 la 10e session de la Commission technique mixte des Frontières et la 11e session spéciale de la Commission défense et sécurité entre la République Démocratique du Congo (RDC) et la République du Congo (RC).
À la tête de la délégation congolaise de Kinshasa, le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a exprimé une position claire : relancer sans plus tarder les opérations conjointes de gestion des frontières suspendues depuis près d’une décennie.
Selon une dépêche officielle du ministère de l’Intérieur, l’orateur a formulé une proposition claire : « Il est nécessaire de renforcer les contacts réguliers entre les deux parties », a déclaré le VPM Shabani, avant de recommander « la création d’équipes mixtes chargées de définir une méthodologie claire, un budget et un calendrier » pour remettre en œuvre les mécanismes de coopération mis en veille depuis 2015.
Parmi les opérations prioritaires à réactiver, Jacquemain Shabani a cité sans détour « la démilitarisation des îles » situées le long de la frontière fluviale, ainsi que « l’opérationnalisation des points d’entrées officielles ». Pour lui, ces mesures concrètes « répondent à la fois à une logique de pacification, de fluidification des échanges transfrontaliers, mais aussi de restauration de la confiance mutuelle entre les forces de défense et les populations riveraines des deux rives ».
Dans une région où les lignes de fracture sont encore alimentées par les trafics illicites, les flux migratoires non régulés et les foyers de tension persistants, Oyo accueille deux sessions conjointes qui entendent raviver l’élan de coopération initié à Kinshasa en 2024.
Mais à en croire Jacquemain Shabani, chef de la délégation congolaise, beaucoup reste à faire : « Plusieurs recommandations issues des précédentes assises attendent encore leur concrétisation », a-t-il déploré.
Jacquemain Shabani s’est néanmoins montré optimiste quant à l’issue des travaux.
« Nous nourrissons l’espoir que cette session aboutira à des résolutions concrètes, en parfaite adéquation avec les attentes de nos deux peuples et la vision commune de nos dirigeants », a-t-il affirmé, saluant au passage « l’hospitalité chaleureuse » du gouvernement brazzavillois.
C. Timothée ÉZÉCHIEL