Justice RDC: la Haute Cour militaire renvoie l’audience au 31 juillet, Joseph Kabila jugé par défaut pour «crimes graves»
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RDC: la Haute Cour militaire renvoie l’audience au 31 juillet, Joseph Kabila jugé par défaut pour «crimes graves»

RDC: la Haute Cour militaire renvoie l’audience au 31 juillet, Joseph Kabila jugé par défaut pour «crimes graves»
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 25 JUILLET 2025 - 14:13 WAT · 3 min de lecture

« Nous sollicitons de votre Cour une courte remise afin d’accéder au dossier et de mieux représenter les intérêts de la République », a plaidé Me Richard Bondo, coordinateur du collectif des avocats de la partie civile.

La requête a été jugée recevable par le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi, premier président de la Cour, qui a fixé la prochaine audience au jeudi 31 juillet à 10 heures.

Un procès sous haute tension, un accusé jugé par défaut

Absent à l’audience, Joseph Kabila est officiellement jugé par défaut, n’ayant ni comparu à l’auditorat général ni pris part à la procédure en cours. L’auditeur général des FARDC a sollicité la poursuite du procès en son absence, en application de l’article 117 du Code judiciaire militaire. Après délibération, la Cour a fait droit à cette demande. L’ex-président, qui n’a constitué aucun avocat, est désormais poursuivi sans défense.

Des crimes détaillés et documentés

Le dossier, référencé RMP N°195/PG023/aud. mil/2025, retient une série de crimes majeurs imputés à Joseph Kabila, commis entre 2023 et 2025, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, en proie à des conflits armés persistants.

Il est accusé d’avoir cofondé, financé et dirigé l’Alliance Fleuve Congo (AFC), branche politique du mouvement rebelle M23, qualifié de groupe terroriste par les autorités congolaises. L’AFC est soupçonnée d’avoir orchestré l’invasion de Goma en janvier 2025 et d’être responsable de nombreuses exactions contre les civils.

Joseph Kabila fait face à neuf chefs d’accusation d’une gravité exceptionnelle, lus à l’ouverture du procès :

Participation à un mouvement insurrectionnel, en tant que co-initiateur de la coalition politico-militaire AFC/M23 (Lions de Sarambe) ;

Crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, dans le cadre du conflit armé transnational à l’est de la RDC ;

Homicide intentionnel, notamment pour le bombardement du camp de déplacés de Lushagala (31 morts) et d’autres attaques ;

Trahison, incluant l’intelligence avec une puissance étrangère, la fourniture d’armes et la destruction de matériels militaires nationaux ;

Apologie du terrorisme, notamment dans une interview accordée au Sunday Times dans laquelle il aurait justifié les actions de l’AFC/M23 ;

Viol, torture et déportation, commis par les forces rebelles dans la région de Bukavu et d’autres localités ;

Occupation militaire de Goma, entraînant de lourdes conséquences humanitaires.

Ce procès inédit marque un tournant dans la justice militaire congolaise. Il pourrait constituer une étape décisive dans la lutte contre l’impunité et les crimes de guerre en République démocratique du Congo.

C. Timothée Ézéchiel

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