Mines & Ressources RDC : La Société Civile Forces Vives dénonce les «failles» du rapport onusien sur l’exploitation minière à l’Est

RDC : La Société Civile Forces Vives dénonce les «failles» du rapport onusien sur l’exploitation minière à l’Est

RDC : La Société Civile Forces Vives dénonce les «failles» du rapport onusien sur l’exploitation minière à l’Est
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 20 AOÛT 2025 - 19:28 WAT · 3 min de lecture

La Société Civile Forces Vives de la République démocratique du Congo (SCFV-RDC) a rendu publiques, ce mercredi 20 août, ses observations et considérations à la suite de la publication, le 6 mai 2025, du dernier rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur la RDC. Ce document volumineux de 258 pages analyse principalement la situation sécuritaire et l’exploitation des ressources minières dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Dans sa déclaration signée par Jean-Bosco Lalo Kpasha, la SCFV-RDC salue l’intérêt de la communauté internationale pour la transparence dans l’exploitation des ressources naturelles et le rétablissement de la paix.

Toutefois, elle souligne que le secteur aurifère, stratégique pour l’économie congolaise, ne produit toujours pas les dividendes attendus pour la population.

Des critiques sévères contre le rapport onusien

La société civile met en lumière plusieurs lacunes du rapport notamment : l’absence de couverture de zones aurifères majeures telles que Mambasa en Ituri, Lubero, Walikale et Beni au Nord-Kivu, ainsi que Shabunda et Mwenga au Sud-Kivu ;

L’omission de mentionner les entreprises minières chinoises, qui représentent environ 90 % des grands exploitants opérant dans l’illégalité ;

L’absence d’analyse sur l’implication de certains éléments de l’armée congolaise (FARDC) et de la police (PNC) dans l’exploitation minière illégale, malgré l’interdiction légale de leur présence sur les sites artisanaux ;

Le silence sur la responsabilité et l’efficacité de la MONUSCO après plus de 25 ans de présence dans la région ;

La fuite d’informations sensibles, incluant les noms de victimes et de sources, ce qui compromet leur sécurité.

Aussi, la SCFV dénonce l’exploitation anarchique de l’or par certains opérateurs étrangers, particulièrement chinois, qui, sous prétexte d’activités artisanales, utilisent en réalité des équipements industriels lourds. Ces pratiques, dit-elle, étouffent les coopératives locales, détruisent l’environnement et privent l’État congolais de revenus substantiels.

Des conséquences inquiétantes

Selon l’organisation, les conclusions du rapport de l’ONU sont déjà utilisées de manière abusive dans certaines provinces, notamment en Ituri, pour justifier des tracasseries, arrestations arbitraires, extorsions et poursuites contre des opérateurs économiques.

La société civile estime que ce document, censé servir d’outil d’assainissement, est détourné en un instrument de répression.

Face à cette situation, la SCFV-RDC formule une série de recommandations :

  1. Aux parties prenantes : analyser le rapport avec objectivité et tirer des conclusions constructives.
  2. Au Groupe d’experts de l’ONU : compléter leurs travaux par des recherches approfondies et impartiales, couvrant l’ensemble des zones minières, en mettant particulièrement l’accent sur les activités des entreprises chinoises et la responsabilité de l’État.
  3. Au gouvernement congolais :

Utiliser le rapport comme un outil d’assainissement du secteur minier artisanal, et non comme instrument de répression ;

Mener une enquête rigoureuse sur les entreprises minières chinoises qui compromettent l’avenir des générations futures par la destruction de l’environnement et le manque à gagner fiscal.

  1. Au Conseil de sécurité des Nations unies : évaluer l’impact réel de la présence de la MONUSCO sur la stabilisation de l’Est du pays, l’activisme des groupes armés et l’exploitation illégale des minerais.

Christian Okende

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