RDC: le Professeur Luzolo Bambi soutient la réforme constitutionnelle au regard de l’impunité généralisée
RDC: le Professeur Luzolo Bambi soutient la réforme constitutionnelle au regard de l’impunité généralisée
AFP
L’actualité politique en République Démocratique du Congo fait état des débats alimentés par l’idée du Chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, d’ouvrir des réflexions sur la réforme constitutionnelle. Comme il l’avait affirmé au cours des Etats Généraux de la Justice, le Professeur Luzolo Bambi Lessa a toujours soutenu que l’une des causes qui bloquent l’état de droit en RDC est la mauvaise gouvernance judiciaire.
A cet effet, il note que la bonne gouvernance judiciaire s’exprime dans deux axes fondamentaux à savoir : «la lutte contre l’impunité et la lutte contre la corruption».
S’agissant de la lutte contre l’impunité, le Professeur Luzolo Bambi rappelle que l’on assiste à une impunité généralisée par un déni collectif de justice face à 10 millions des morts et des nombreux déplacés de guerre dans l’Est du pays sans une riposte conséquente de notre justice.
Bien que, dit-il, le Chef de l’Etat ait eu le courage d’implémenter ou de commencer l’implémentation de la justice transitionnelle par la création du Fonds National de Réparation des Victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des Victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), les atrocités continuent à se commettre dans l’Est de la République et l’état de déplacés reste très préoccupant.
D’après cet ancien ministre de la Justice, dans le secteur de la corruption, en dépit de la mise en place des agences pénales de lutte contre la corruption, celles-ci rencontrent des difficultés sur terrain à cause notamment de la qualité des personnes mises en cause. À l’en croire, la situation est la même pour des personnes impliquées dans les actes des crimes contre l’humanités, crime de guerre, génocide, crime d’agression en ce que leurs privilèges et immunités, le trafic d’influence viennent obstruer la bonne gouvernance judiciaire.
Comme la poursuite de ces personnalités est subordonnée à la levée des immunités ou à l’autorisation parlementaire, il a souligné que la justice s’arrête à la porte du Parlement. Cette situation consacre une justice à deux vitesses c’est-à-dire une justice pour les riches, une justice pour les pauvres ; une justice pour les forts, une justice pour les faibles. Il est donc nécessaire de déverrouiller la Constitution pour consacrer une justice pour Tous fondée sur légalité de tous devant la loi.