Banques et finances RDC : les incitations fiscales coûtent cher à l’État sans profiter aux plus vulnérables (Banque mondiale)

RDC : les incitations fiscales coûtent cher à l’État sans profiter aux plus vulnérables (Banque mondiale)

RDC : les incitations fiscales coûtent cher à l’État sans profiter aux plus vulnérables (Banque mondiale)
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 4 AOÛT 2025 - 13:49 WAT · 2 min de lecture

La République démocratique du Congo fait face à un défi économique de taille. Un récent rapport de la Banque mondiale révèle que les incitations fiscales, censées stimuler la croissance, ont au contraire entraîné un important manque à gagner estimé à 5 % du produit intérieur brut (PIB), soit près d’un tiers des recettes fiscales du pays.

Avec des recettes ne représentant que 12,5 % du PIB, la RDC se situe bien en dessous de la moyenne régionale de 16 % observée en Afrique subsaharienne. Ce déficit fiscal équivaut à trois fois le budget consacré au secteur de la santé, alors que les retombées de ces incitations sur les ménages les plus pauvres demeurent très limitées. Le rapport s’interroge donc sur leur efficacité réelle.

Et pourtant, la croissance économique reste soutenue : en 2024, elle a atteint 6,5 %, portée notamment par l’essor de l’exploitation minière, en particulier du cuivre et du cobalt. Mais cette performance ne se reflète ni dans la réduction de la pauvreté, ni dans la création d’emplois en nombre suffisant.

Si la stabilité macroéconomique est maintenue grâce à une gestion budgétaire rigoureuse, elle peine à se traduire en une amélioration tangible du niveau de vie de la population.

Pour inverser la tendance, la Banque mondiale préconise une réforme en profondeur de la politique fiscale : simplification du système, harmonisation des taux d’imposition, et remplacement des incitations basées sur les profits par celles liées aux coûts. Elle appelle aussi à davantage de transparence et à une évaluation systématique des avantages fiscaux accordés.

Albert Zeufack, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la région, insiste sur le potentiel économique immense de la RDC. Selon lui, le pays ne pourra engager une croissance inclusive et durable qu’en mobilisant davantage de ressources internes, tout en investissant dans les infrastructures et les services sociaux.

La RDC se trouve aujourd’hui à un tournant décisif. Sans réformes fiscales rapides et audacieuses, les exonérations fiscales risquent de devenir un fardeau qui freine le développement au lieu de le propulser, compromettant ainsi les espoirs de millions de Congolais.

Samuel Nakweti

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