Santé Le virus Ebola peut persister jusqu’à deux ans dans le sperme de certains patients guéris
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Le virus Ebola peut persister jusqu’à deux ans dans le sperme de certains patients guéris

Le virus Ebola peut persister jusqu’à deux ans dans le sperme de certains patients guéris
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 5 JUIN 2026 - 10:23 WAT · 4 min de lecture

Le gouvernement congolais a fait le point, jeudi 4 juin 2026 à Kinshasa, sur l’évolution de la riposte contre la maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo. Lors d’un briefing spécial coanimé par le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, et le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Roger Samuel Kamba Mulamba, les autorités ont à la fois dressé un état des lieux de l’épidémie et apporté des précisions importantes sur le suivi des patients guéris.

Vingt jours après la déclaration officielle de l’épidémie, la République démocratique du Congo compte 381 cas confirmés, dont 63 décès, répartis dans trois provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. L’Ituri demeure l’épicentre de la maladie, concentrant à elle seule près de 95 % des infections enregistrées.

Malgré ces chiffres, le gouvernement se veut rassurant. « Aucun cas n’a été signalé en dehors de ces trois provinces », a insisté le ministre de la Santé, appelant la population à ne pas céder aux rumeurs relayées sur les réseaux sociaux.

Le taux de létalité, estimé à moins de 17 %, est jugé relativement faible en comparaison avec d’autres flambées d’Ebola, notamment celles liées à la souche Zaïre. Les autorités expliquent cette situation par les caractéristiques propres à la souche Bundibugyo, réputée moins meurtrière.

Sur le plan opérationnel, des progrès significatifs ont été enregistrés. Le pays dispose désormais de capacités de dépistage renforcées, permettant d’obtenir les résultats en moins de 24 heures. Plus de 4 000 kits de dépistage ont été mobilisés avec l’appui de partenaires internationaux, notamment l’Africa CDC, et un nouveau laboratoire a été installé à Mongwalu, en Ituri.

Le suivi des contacts, élément clé dans la lutte contre la propagation du virus, s’est également amélioré, passant de 9 % au début de l’épidémie à plus de 55 % actuellement. L’objectif affiché par le gouvernement est d’atteindre rapidement un taux de 90 % afin de briser les chaînes de transmission.

Mais au-delà de la gestion des cas actifs, le ministre de la Santé a mis en lumière un aspect moins connu de la maladie : la persistance du virus chez certains patients pourtant déclarés guéris.

« Il n’y a pas de guéris temporaires, guéris un peu ou guéris beaucoup. Quand quelqu’un est guéri, il est guéri », a rappelé le Dr Roger Samuel Kamba Mulamba, précisant que la guérison est confirmée par la disparition des symptômes et deux tests négatifs.

Cependant, il a révélé que, dans de rares cas, le virus peut subsister dans certains fluides corporels, notamment le sperme, pendant une période pouvant aller jusqu’à deux ans.

« On a vu que le virus pouvait rester dans le sperme parfois pendant deux ans chez certaines personnes », a-t-il expliqué.

Selon lui, cette situation exceptionnelle ne constitue pas un risque de résurgence de l’épidémie à grande échelle, mais plutôt un risque de transmission au partenaire sexuel. « Ce n’est plus un risque d’épidémie, c’est un risque de contaminer son partenaire », a-t-il précisé.

C’est pourquoi les survivants d’Ebola font l’objet d’un suivi médical prolongé. Cette surveillance permet de détecter toute persistance du virus et d’accompagner les patients dans l’adoption de comportements préventifs.

À ce jour, environ 233 personnes sont suivies dans différentes structures sanitaires à travers les zones touchées. Au total, 25 zones de santé sont concernées par l’épidémie, dont 17 en Ituri, sept au Nord-Kivu et une au Sud-Kivu.

Les autorités assurent que les centres de traitement disposent des équipements nécessaires pour protéger le personnel soignant et garantir une prise en charge adéquate des malades.

Christian T. ÉZÉCHIEL

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