Politique RDC: les terroristes du M23 mécontents à cause du non-paiement de leur solde depuis plusieurs mois
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RDC: les terroristes du M23 mécontents à cause du non-paiement de leur solde depuis plusieurs mois

RDC: les terroristes du M23 mécontents à cause du non-paiement de leur solde depuis plusieurs mois
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 19 MARS 2025 - 12:04 WAT · 4 min de lecture

Alors qu’elle projette une image saine de ses troupes engagées dans la lutte armée, l’AFC-M23 cache en réalité une toute autre situation, loin de son masque de communication. D’après une source proche de la rébellion, une crise interne secoue le groupe, avec une division croissante entre les nouvelles recrues venues de tout le pays et les unités de l’armée rwandaise déployées à Goma et Bukavu, deux capitales provinciales sous leur contrôle.

Certaines recrues ont confié à BETO.CD que l’image projetée par la rébellion au monde n’est qu’une pure tromperie. Le mouvement manque de ressources financières suffisantes pour prendre en charge ses combattants. Seules les troupes rwandaises sont correctement traitées et équipées, tandis que les unités créées par la rébellion accusent des mois d’arriérés de salaires.

« Depuis le centre de formation jusqu’au jour où je me suis échappé volontairement, je n’ai jamais reçu un seul rond. Nous sommes traités bien différemment des troupes rwandaises, qui, elles, sont souvent bien équipées, payées et nourries », déclare Maki Baraka, un jeune recru de l’Ituri, qui a réussi à s’échapper des mains des rebelles.

Plus proche de la garde de sécurité d’un officier rwandais, ce jeune précise que les rebelles vendent des illusions pour manipuler la jeunesse et renforcer leurs rangs.

« Nous avons compris que c’était de la manipulation. Nous étions mal traités, parfois nourris, et la rébellion joue habilement sur sa communication. Mais le traitement reste inhumain et on ne nous paye pas. On nous fait travailler sous pression et sans repos », poursuit-il.

Concernant les combats difficiles, il affirme que les unités rwandaises aguerries sont mises en avant. Les hommes sous le commandement de Makenga servent de soutien, certains combattant directement, d’autres servant de transporteurs pour le butin de guerre, notamment des biens pillés. « Nous avons été plusieurs fois sommés de piller des biens de civils », ajoute-t-il.

Le Rwanda, principal bénéficiaire

De nombreux témoignages recueillis par l’ACP auprès des civils révèlent que des éléments des unités venues de Bunagana et Rutshuru se plaignent d’un mauvais traitement et du non-paiement de leur solde. « Ils nous confient ne pas avoir été payés depuis plusieurs mois, alors que les forces spéciales rwandaises sont régulièrement rémunérées».

Selon ces habitants, qui citent des membres des unités congolaises opérant au sein de la rébellion, « les figures de proue de la rébellion avaient promis qu’une fois la ville de Goma prise, les conditions seraient améliorées. Mais jusqu’à présent, rien n’a changé. Tout l’argent perçu aux différents points douaniers et autres taxes est envoyé au Rwanda. Ce sont les Rwandais qui gèrent cela, et c’est pourquoi les groupes non rwandais ne sont pas payés », a confié un autre habitant, une source militaire de la rébellion.

Le recrutement : une promesse trompeuse

Des jeunes sont recrutés soit sur la base de promesses idéologiques, soit par ruse. Ceux recrutés à Rutshuru, Masisi et Nyiragongo l’ont été, pour la plupart, sous l’effet de la clameur publique après la prise de leurs localités. En revanche, les jeunes enrôlés en Ituri ont été manipulés par de fausses promesses. Nos sources, qui citent Thomas Lubanga comme principal recruteur, affirment que ce dernier leur avait promis un travail en Ouganda lors du recrutement. Avant leur départ pour l’Ouganda, chaque recru recevait une somme de 80 000 FC, soit l’équivalent de 28 USD.

« On leur disait qu’ils allaient trouver un travail en Ouganda. Ils ont été surpris de traverser la frontière depuis Bunagana, où ils ont été accueillis par des officiers rwandais qui les ont conduits à une formation militaire à Chanzu », a confié une source militaire au sein des FARDC.

Cette illustration met en lumière la stratégie de la rébellion qui, sous des apparences de renforcement des effectifs, privilégie en réalité les troupes rwandaises tout en abandonnant les jeunes recrutés à leur sort.

Azarias Mokonzi

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