Justice RDC : l’ex-chef rebelle Roger Lumbala condamné à 30 ans de prison à Paris pour crimes contre l’humanité
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RDC : l’ex-chef rebelle Roger Lumbala condamné à 30 ans de prison à Paris pour crimes contre l’humanité

RDC : l’ex-chef rebelle Roger Lumbala condamné à 30 ans de prison à Paris pour crimes contre l’humanité
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 16 DÉCEMBRE 2025 - 08:54 WAT · 3 min de lecture

L’ancien chef rebelle congolais Roger Lumbala a été condamné, lundi 15 décembre à Paris, à trente ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l’humanité commis dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) au début des années 2000.

Âgé de 67 ans, l’ex-dirigeant du Rassemblement des Congolais démocrates–National (RCD-N) a été reconnu coupable par la cour d’assises de Paris d’avoir facilité, par aide ou assistance, des crimes perpétrés par ses troupes lors de l’offensive dite « Effacer le tableau », menée entre 2002 et 2003 dans le nord-est de la RDC. Le parquet national antiterroriste avait requis la réclusion criminelle à perpétuité.

Lors de l’audience, suivie en ligne par Beto.cd, le président de la cour a détaillé la responsabilité de Roger Lumbala dans des faits constitutifs de crimes contre l’humanité, notamment des viols assimilés à des actes de torture, des faits de réduction en esclavage, de travail forcé et d’entente criminelle. La cour a retenu l’existence d’au moins une trentaine de victimes identifiées. L’accusé dispose d’un délai de dix jours pour interjeter appel.

Détenu en France depuis janvier 2021, Roger Lumbala avait boycotté l’essentiel de son procès, contestant la compétence de la justice française. Il s’est toutefois présenté à l’audience pour entendre le verdict, accompagné de son avocat commis d’office, qui plaidait pour la première fois devant la cour.

Les magistrats ont décrit l’accusé comme un chef politico-militaire exerçant une autorité effective sur ses troupes, une qualification que Roger Lumbala a fermement contestée. Il s’est présenté comme un acteur politique sans commandement militaire direct, en dépit des témoignages et documents produits par l’accusation.

Ancien député et sénateur d’opposition, brièvement ministre au début des années 2000, le parcours de Roger Lumbala demeure étroitement lié à la deuxième guerre du Congo, conflit qui a ravagé l’est de la RDC entre 1998 et 2003. À cette période, il dirige le RCD-N, une rébellion fondée en 1998 et implantée dans le nord-est du pays.

Ce mouvement s’inscrivait dans la nébuleuse de groupes armés qui se disputaient alors territoires, ressources naturelles et légitimité politique, avec l’appui de puissances régionales, notamment l’Ouganda et le Rwanda. Allié de Kampala, à l’instar du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, le RCD-N lance à l’été 2002 une offensive contre les forces pro-gouvernementales.

Selon les Nations unies, cette campagne a été marquée par de graves exactions contre les civils en Ituri et dans le Haut-Uélé. L’opération « Effacer le tableau » est décrite par l’accusation comme une vague de violences et de pillages d’une brutalité extrême.

Silas MUNGINDA


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