Politique RDC : Muzito plaide pour un socle idéologique au sein de l’opposition congolaise
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RDC : Muzito plaide pour un socle idéologique au sein de l’opposition congolaise

Adolphe Muzito, président du parti Nouvel Élan et ancien Premier ministre congolais. Photo tiers.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 18 JUILLET 2025 - 10:11 WAT · 3 min de lecture

Adolphe Muzito, président du parti Nouvel Élan et ancien Premier ministre, a réagi ce jeudi 17 juillet 2025 à la récente déclaration des forces de l’opposition dites « radicales », dans sa 33e tribune politique. À travers ce texte, il formule une critique de fond sur le fonctionnement des partis politiques en République démocratique du Congo et appelle à une refondation idéologique de l’opposition.

Dans leur déclaration commune du 12 juillet, signée notamment par Ensemble pour la République, le Front Commun pour le Congo (FCC), le Cadre de concertation et plusieurs forces sociales, les opposants avaient dénoncé les insuffisances de l’accord signé entre la RDC et le Rwanda sous médiation américaine. Ils estiment que cet accord, limité à deux États, est inapte à résoudre durablement l’insécurité dans l’Est du pays, où de multiples acteurs internes sont impliqués.

Mais Adolphe Muzito choisit un autre angle. Plutôt que de commenter directement le contenu de cette déclaration, il en profite pour poser un diagnostic plus large : selon lui, le principal mal dont souffre l’opposition congolaise est l’absence d’une colonne vertébrale idéologique.

«L’un des maux profonds qui gangrènent l’opposition congolaise réside dans l’absence d’idéologie claire, de principes fermes et de vecteurs politiques structurants. Cette carence alimente un véritable vagabondage politique, où l’on observe des acteurs évoluer sans boussole, naviguant entre les courants au gré des intérêts personnels. À droite le matin, à gauche à midi, au centre le soir — et finalement nulle part », écrit-il.

Muzito estime que cette errance idéologique explique en grande partie l’inefficacité des actions de l’opposition au fil des années : qu’il s’agisse de mouvements insurrectionnels, de marches pacifiques peu suivies, de performances électorales en demi-teinte ou de dialogues politiques perçus comme des raccourcis vers le pouvoir.

Il en appelle ainsi à une remise en question collective, y compris de son propre camp :

«L’opposition doit tirer les leçons de ses erreurs et de ses échecs. Si elle veut retrouver sa place dans le jeu démocratique, elle doit se doter d’un socle idéologique clair, d’un projet cohérent et d’une stratégie d’action lucide. »

Muzito exhorte les autorités à convoquer un dialogue national véritablement inclusif — et non de façade —, afin de refonder les bases politiques, économiques et sociales du pays.

O. Fiston

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